Mes coups de coeur du moment

Mardi 7 février 2006
La période révolutionnaire voit se créer, puis s'institutionnaliser, une nouvelle formation de musique militaire, où la clarinette prend place. Vers 1795, cet ensemble comprend une flûte, six clarinettes, deux bassons, deux cors, une trompette, deux ou trois trombones, un ou deux serpents, la batterie et le chapeau chinois, soit de vingt deux à vingt quatre hommes. Chaque ville de garnison possède bientôt sa musique : Morlaix, Guingamp, Saint Brieuc, Dinan...
 
Sous la Restauration naît un mouvement musical appelé l’ « Orphéon », au départ exclusivement choral, mais qui s'instrumentalise rapidement, s'inspirant en cela des formations de type militaire. Il connaît, à partir de 1850, une incroyable expansion en France: dans bien des villes et des bourgs, des "musiques, lyres, fanfares, harmonies, cliques" et autres "sociétés philharmoniques" se créent. Pour répondre aux besoins de ces formations, s'ouvrent des magasins de musique qui diffusent tous les nouveaux instruments : à Rennes, en 1830, s'installe la maison Bonnel; à Saint Brieuc, en 1844, la maison Gaudu, baptisée "Au ménestrel breton"...
 
Photo : Harmonie d'Hirson (clairons, clarinettes, bugles, tambour, trompettes (?), saxhorn (source : http://jeanluc.matte.free.fr/)
 
En Bretagne comme ailleurs, la bourgeoisie citadine apprécie particulièrement ce genre de musique, qui va connaître un certain succès sur la frange côtière des Côtes d'Armor, ainsi qu 1 en Ille et Vilaine à partir de 1860. Toutefois, l'extension de ces sociétés musicales reste faible : en 1867, le Morbihan, le Finistère et la Loire Atlantique n'en possèdent même pas dix chacun, alors que le Pas de Calais en compte, à la même époque, plus de deux cents! Le mouvement orphéonique n'a pu exercer en Bretagne la même influence que dans les régions urbanisées et industrialisées : né dans le milieu ouvrier parisien, il privilégie une pratique musicale bénévole, collective, urbaine, basée sur l'interprétation de notations écrites et une certaine discipline... toutes notions encore étrangères à la société paysanne bretonne et à ses sonneurs.
 
Voici le récit de son implantation à Morlaix dans les années 1830 1840, relaté par un journaliste anonyme de la Feuille d'annonce de Morlaix: "La musique de la garde nationale, reconstituée ou plutôt créée en 1830, se forma d'abord d'hommes appartenant à des familles aisées de Morlaix et de quelques employés de différentes administrations [ ... ]. De jeunes ouvriers demandèrent à entrer dans cette musique; ils passèrent au scrutin et furent reçus avec cordialité par leurs aînés. Les musiciens se sont imposés depuis longtemps une petite rétribution mensuelle pour subvenir
à différentes dépenses; la ville elle même a accordé une subvention à la musique, seul corps organisé existant aujourd'hui de la milice citoyenne. D'autres jeunes gens de la classe ouvrière désirent peut être bien encore y être admis, mais les frais d'équipement, et plus encore l'impossibilité pour plusieurs d'acheter des instruments et de payer des leçons les font se tenir à l'écart [ ... ] Nous croyons donc qu'un des meilleurs moyens de tenir la musique au complet serait d'établir un cours journalier et gratuit de musique vocale à l'école communale, pour les enfants qui y reçoivent leur instruction, et un autre pour les ouvriers dans une des salles de l'Hôtel de Ville. Ces leçons au raient lieu pour les ouvriers trois ou quatre fois la semaine : on y joindrait un cours particulier d'instruments [ ... ] Morlaix ne ferait en cela que suivre l'exemple de Nantes, qui se félicite tous les jours d'avoir fondé un Conservatoire, et de Dinan qui, plus modeste, ouvre en ce moment une école gratuite de musique."
Très vite les grandes fêtes populaires citadines, civiles ou religieuses, intègrent ces ensembles, qui assurent les parades et les défilés, mènent les bals et se produisent dans les "kiosques à musique". De même, le port de Trébeurden, pour animer en 1867 sa toute première "régate ou joute nautique", fait appel à la "musique de Lannion'.
 
Contrairement à d'autres régions françaises, où ils deviennent la seule forme de musique populaire citadine, les orphéons ne parviennent pas en Bretagne à supplanter la musique ménétrière. De ce fait, le public assiste à un curieux mélange des genres, comme en 1868 lors des célèbres courses de Saint Brieuc : "Le hautbois et le traditionnel biniou préludèrent par quelques airs bretons et bientôt après, la chaîne se déroula, en bondissant, dans l'enceinte. La dérobée suivit. Ce fut ensuite au tour de l'orchestre, assez bien conditionné du reste. Il annonça un quadrille: chacun se pourvut bientôt d'une danseuse et d'un vis à vis et se mit en devoir d'exécuter les figures."
 
Le répertoire de ces ensembles est très divers : marches militaires, "pas redoublés", fantaisies sur des airs d'opéra, danses en vogue dans les villes (quadrilles, puis à partir des années 1850 1860 polkas, scottisches, mazurkas) qu'ils contribuent à faire connaître dans les provinces. Ils jouent aussi des danses plus locales, comme la célèbre "dérobée". L'adjonction des cuivres de la famille des saxhorns (inventés par Adolphe Sax, concepteur, en 1870 du "saxophone") transforme ces sociétés musicales en véritables orchestres symphoniques. La clarinette y joue un rôle prépondérant de par sa puissance et l'étendue de son registre; elle y occupe la place de soliste tenue par le violon dans l'orchestre symphonique.
 

Source : Collectif, "Musique Bretonne, Histoire des sonneurs de tradition " ed. Le Chasse-Marée/Armen, Douarnenez 1996.

par Yvonig publié dans : Treujenn gaol ?
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Vendredi 3 février 2006
Au début du xxe siècle, la clarinette est présente dans toutes les campagnes de France, tant au sein des "musiques municipales" qu'intégrée, ici et là, aux traditions locales. Preuve de son adoption par la paysannerie, on lui donne souvent un nom dans la langue du pays, basé, en général, sur la même comparaison : treujenn‑gaol (littéralement "tronc de chou") en haute Cornouaille, trou dchou dans le Mené et les pays de Vitré et de Fougères. Dans d'autres régions françaises, il se passe la même chose: en Charente limousine on la baptise le troc de biganoelh (tige de maïs dans la Vienne couton dchou, etc.
 
Vers 1900, en Bretagne, son aire de jeu, assez vaste, comprend l'est de l'Ille‑et‑Vilaine, le sud de la Loire‑Atlantique, le Pays bigouden (où son implantation est encore faible), le Léon, mais surtout le Centre‑Bretagne, véritable "pays de clarinette" qui englobe l'ouest et le sud du Trégor, la haute Cornouaille, le pays de Loudéac et l'ouest du Mené. Le Morbihan reste le seul département à n'avoir pas connu, semble‑t‑il, cet instrument, à l'exception de sa zone frontière avec les Côtes d' Armor. Des enquêtes menées dans les années 1970 et 1980 permettent de bien cerner cette tradition en Centre‑Bretagne et en Trégor. Ailleurs, les informations s'avèrent pauvres ou inexistantes, comme en Léon, où elle est pourtant attestée jusque vers 1880. Toutefois, Jean‑Michel Guilcher signale sa présence, au début du siècle, autour de Saint‑Renan.
L'implantation de la clarinette en Bretagne
D'invention relativement récente sous sa forme actuelle (fin du XVIIè siècle), la "clarinette" ne s'est véritablement diffusée qu'à partir des années 1750. Au cours du XIXe siècle, elle s'intègre très vite à la musique traditionnelle de nombreux pays d'Europe, notamment dans les Balkans, et se popularise en France aussi bien dans le Poitou ou en Bresse qu'en Bretagne.
Aucun document, semble‑t‑il, ne mentionne l'utilisation de la clarinette en Bretagne avant la Révolution. Les premières attestations de son arrivée dans la musique populaire datent de 1798 : la ville de Quimper a payé, lors d'une fête, "deux violons et une clarinette pour la danse". La même année, un clarinettiste anime une fête à Saint‑Georges‑de‑Rentembault, au nord de Fougères. Toutefois, ces faits restent isolés et rien n'indique, pour l'instant, que des ménétriers bretons l'aient régulièrement utilisée avant les années 1820‑1830.
Bien que le chalumeau, son ancêtre, soit d'usage ancien, on ne peut établir de relation entre celui‑ci et la clarinette, sinon qu'un sonneur d'instruments à vent peut l'adopter sans difficultés majeures. On sait ‑ mais l'exemple reste unique pour l'époque ‑ qu'un artisan nommé jean du Croisé, né dans le Coglais en 1765, a fabriqué "quantités d'instruments en bois d'ente" (pommier) ou bouis (buis), où l'on trouvait, selon les souvenirs de Romain du Croisé, son descendant, tant des haoubois, pied d'chève (petite flûte ou fifre) que des chlérinettes.
Vers 1870, soit un siècle après son arrivée en Bretagne, la clarinette est pratiquée à l'est de l'Ille et‑Vilaine (Coglais, Pays de Vitré et de Fougères notamment); en Loire‑Atlantique, où sa présence n'est attestée qu'en quelques endroits; dans l'ouest et le sud‑ouest des Côtes‑d'Armor, où elle paraît déjà bien implantée, et dans une partie du Léon.
 
Source : Collectif, "Musique Bretonne, Histoire des sonneurs de tradition " ed. Le Chasse-Marée/Armen, Douarnenez 1996. 

 

par Yvonig publié dans : Treujenn gaol ?
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Vendredi 3 février 2006
 
Avec déjà 10 ans d'existence et un groupe qui n'a cessé de s'agrandir, L'Attirail nous convie à un joli voyage musical entre les rythmes et sonorités de l'Europe de l'Est et la folk, la pop et le ska dans un esprit festif qui vous tient en éveil de la première à la dernière piste. L'Attirail est une sorte d'Orient Express qui glane des sonorités à chacune de ses escales pour les restituer sur des disques hauts en couleurs.
 
En effet, ce groupe français est parvenu à développer sa propre musique, jouée par de nombreux instruments acoustiques (clarinette, cuivres, cordes, accordéon, percussions…) . L'univers de L'Attirail se compose de multiples saveurs qui n'ont pas un arrière goût de déjà entendu tout en restant accessible à un public large et varié qui assiste de plus en plus nombreux à leurs concerts dans toute l'Europe.
 
Parallèlement à ses disques, L'Attirail collabore souvent avec des réalisateurs de cinéma et de spectacles qui lui demandent de composer les musiques (Peau Neuve d'Emile Deleuze, Milkday de Jérôme Thomas…).
 
Si vous ne les connaissez pas encore, profitez de cette " bonne aventure " pour découvrir leur univers imaginatif dans un agréable voyage musical.
 
L'Attirail, maintenant quintette, met en place un folklore trans-européen imaginaire et fantasmé. Chaque disque est conçu comme un road-movie musical localisé dans un grand triangle Paris-Moscou-Istanbul.
 
"Avec sa musique apatride et décalée, L'Attirail invite au voyage, sans destination précise, juste avec l'idée de partir, en jouant sur les sons qui vont faire défiler les images, exciter l'imaginaire. On y entend des sonorités des Balkans, d'un Orient d'entre deux mondes, des allusions à une multitude d'horizons. Leur univers n'en est pas moins totalement original, d'un éclectisme bariolé et d'une saveur euphorisante."
Source : Zurban - P.L.
 
L’Attirail c’est :
 
Trompette, bugle, voix : Gilles Berthenet
Guitares, trombone, voix, euphonium :
Xavier Demerliac
Batterie, percussions : Eric Laboulle
Clarinette, clarinette basse, voix monocorde, clavier : Alexandre Michel
Contrebasse, calandre, voix : Xavier Milhou
Son : Marc Roitg et Eric Fromentin
Lumières : Thibault Porteboix
  
A écouter : Dernier Album : “La bonne Aventure”
(Naïve / Les Chantiers Sonores – Editions Kwark – octobre 2004)
 
Liens pour plus d’infos sur les disques de l’Attirail (et extraits)
 
 
par Yvonig publié dans : Clarinettes du Monde
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 1 février 2006
Paotred An Dreujenn-Gaol, en partenariat avec Dastum Kreiz Breizh,
organise une VEILLEE DE PAYS
 
Ce Vendredi 3 février à partir de 20h30
 
 à la salle de Saint-Michel en Glomel
 
avec sonneurs, chanteurs, conteurs et musiciens du coin, pour une
rencontre Fisel / Pourlet
 
scène ouverte
entrée libre
par Yvonig publié dans : Archives
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 31 janvier 2006
Du 1er au 4 février 2006

20h30 – Entrée au chapeau tous les soirs.
Musikaktion présente le festival : TANZ !

Pour sa troisième édition le festival Tanz ! met l’accent sur la fête, la danse et les rencontres.
La Goutte d’Or accueille à nouveau cette année, une série de groupes de musique Klezmer, alternatifs et festifs. Au cœur du festival, on retrouve Le Freylekh Trio et ses nombreux (et non moins prestigieux) invités qui durant quatre soirées exceptionnelles nous ferons retrouver l’esprit des Klezmorim, ces juifs nomades qui de villages en villages animaient les fêtes et faisaient danser les sédentaires.
Musikaktion : Nathalie Laussucq : 06 88 30 36 83
Mercredi 1er février : LES VOIX TANZ !
Pour cette soirée d’ouverture, les femmes sont à l’honneur. Le Freylekh Trio invite :
Aldona, chanteuse et musicienne polonaise, elle interprète un large répertoire de poèmes qu’elle met en musique et de chansons traditionnelles aux origines variées pour un voyage en musique. Il y aura également Marianne Farouch’ et ses chansons françaises teintées d’errances Klezmer et manouches, et enfin, Erika, jeune artiste tzigane d'origine hongroise, chante aussi bien des chants traditionnels que ses propres compositions.

Jeudi 2 février : TANZ ! PARIS-KLEZMER
Une soirée pleine d’inattendu ! Des musiciens venus de partout et pour la plupart échoués à Paris jouent le jeu des improvisations en compagnie du Freylekh Trio. On retrouvera entre autres, Florin, clarinettiste roumain, Yasko, accordéoniste tzigane serbe, mais aussi
Yomguih, clarinettiste hors pair de Klezmer Nova (dit l’Orient Express Moving Shnorers), Kayou, saxophoniste ténor camerounais métissant free-jazz et musiques traditionnelles. Tous ces musiciens figureront sur le prochain album du trio actuellement en préparation, c’est donc l’occasion de découvrir en avant première leur nouveau projet : « Paris-Klezmer ».

Vendredi 3 février : LE BAL TANZ !
Ouverture avec Le Freylekh Trio et ses agitations Klezmer suivit par Untchak Attak, avec leur énergique Klezmer tribal entre transe et ska.

Samedi 4 février : TANZ !
Pour cette dernière soirée, le Freylekh Trio reçoit La Caravane Passe, l’Alternateuf Tziganin’ pour une fête colorée et tourbillonnante.

L'Olympic Café
20 rue Léon 75018 PARIS M° CHATEAU ROUGE
http://www.rueleon.net -
lmp@rueleon.net
Bar, restauration & concerts - Demi 2,5€

Carte d’abonnement annuelle: 10€ et 1€ pour les habitants du 18ème
par Yvonig publié dans : Archives
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 31 janvier 2006
En 1996, pour la première fois, Woody Allen venait en France présenter autre chose que son film annuel : sa musique. Ce jazz dixieland qu'il a toujours revendiqué, cette clarinette que quelques-uns avaient pu entendre à New York, que beaucoup rangeaient dans la légende du cinéaste sans penser un jour l'entendre. Voici un portrait du musicien.
Il est le plus célèbre des clarinettistes de jazz mais personne ou presque ne sait ce qu’il joue. A moins d’avoir assisté à sa prestation hebdomadaire dans un club de New York, d’avoir vu le plus obscur de ses films, « Sleeper » (« Woody et les robots ») sorti en 1973, dont il avait enregistré la bande-son en compagnie du Preservation Hall Jazz Band, ou d’avoir pu se procurer le disque du Bunk Project d’Eddy Davis (Woody n’apparaît sur la pochette qu’à égalité avec les autres sidemen). Lorsque, le lundi soir, tous les lundis soir depuis vingt-cinq ans, à quelques rares exceptions près — et la soirée de remise des Oscars n’en est pas une — Woody Allen sort de son étui sa vieille clarinette pour jouer, avec les autres membres du New York Ragtime and Funeral Orchestra, les standards des good old days, l’heure n’est ni à la plaisanterie, ni à l’introspection mais à la musique, tout simplement.
Il devait avoir quinze ans quand il s’est pris de passion pour le jazz traditionnel après avoir été « emballé » par Sidney Bechet dont Blue Horizon demeure son morceau préféré.
Premières gammes sur un saxophone soprano payé 40 dollars. « J’ai appris à en jouer tout seul, mais pas très bien. Ensuite je suis passé à la clarinette, ce qui est le parcours normal ».
Gene « Honeybear » Sedric, qui a joué avec Fats Waller, vient jusque chez lui, à Brooklyn, lui donner quelques conseils. Woody joue encore sur des disques. Il ne découvrira le plaisir de la musique collective et de la rencontre avec le public que bien plus tard, en Californie, où, chaque soir, en voisin, il va écouter la formation de Turk Murphy, qui finit par le remarquer et l’inviter à jouer. Après les auto-flagellations de rigueur, Woody se lance, et cela lui plaît. En rentrant à New York, il a envie de s’intégrer dans un groupe. Un de ses copains lui indique un pianiste. Le pianiste a deux amis musiciens, qui eux-mêmes, etc. La formation créée compte sept membres. Elle variera peu au fil des ans. Lorsque Woody Allen précise qu’il n’en est pas le leader mais seulement le membre le plus célèbre de par ses autres casquettes, il exprime une conviction illustrée par sa façon de jouer : l’orchestre en tant qu’ensemble compte pour lui bien davantage que chacun des musiciens en tant que soliste.
« Nous voulons être un groupe de jazz traditionnel qui joue des thèmes Nouvelle-Orléans dans un style Nouvelle-Orléans ».
Il ne s’agit pas de donner dans le génie, ni même de construire une œuvre, mais de reproduire, le mieux possible, le son et l’ambiance de la musique du berceau du jazz, celle des parades et des funérailles de La Nouvelle-Orléans, telle qu’elle était jouée par les pionniers qu’il vénère...
Une démarche dont la modestie même fait paradoxalement la valeur, tant elle détonne à l’ère du show-off. « J’ai toujours été attiré par le style le plus primitif », dit encore Woody Allen, avant d’ajouter, par fidélité à son personnage : « Evidemment, en tant qu’instrumentiste, ma place est davantage dans la catégorie primaire.» Ou encore : « Mon principal atout pour jouer du Nouvelle-Orléans, c’est que je suis vraiment fruste ». Il explique également qu’il connaît bien les articulations, le phrasé et le son très particuliers du tout premier jazz de La Nouvelle-Orléans. Son jeu en témoigne, hommage à Johnny Dodds ou Jimmie Noone, ainsi qu’à George Lewis, son modèle entre tous, le plus authentique keeper of the flame.
Le clarinettiste du lundi croit en la vertu de la pratique, et culpabilise quand il ne passe pas deux heures par jour à s’exercer. Parfois même pendant les tournages : il lui est arrivé, en rentrant à son hôtel tard dans la nuit, de jouer au lit avec une couverture sur la tête pour ne pas gêner ses voisins.
A force de constance, d’opiniâtreté et d’humilité, Woody Allen a apprivoisé le son plaintif de La Nouvelle-Orléans. Une réussite acquise dès les années 70 à travers l’utilisation d’une Rico Royale n° 5 — anche très dure génératrice, pour qui arrive à la faire vibrer, d’un son large — sur un instrument de système Albert que lui avait procuré son copain Kenny Davern. Sa grande fierté de musicien : s’être entendu dire, à La Nouvelle-Orléans, qu’il jouait comme un gars du coin.

Source : d’après Joëlle Ody – article parut dans Jazz Magazine spécial banlieues bleues(1996)
A écouter : Woody Allen « The Bunk Project » (Limelight 514937-2).
 
par Yvonig publié dans : Clarinettes du Monde
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 25 janvier 2006
JO : Job Guégan : accordéon chromatique, batterie
FE : Félix Guégan : batterie, accordéon chromatique
RO : Robert Le Buhan : saxophone, treujenn-gaol
 
Tous trois originaires de Plounevez-Quintin, commune du pays Fañch, voisine du pays Fisel, Robert Le Buhan, Félix et Job Guégan, sont nés dans des familles ou on aime chanter et danser. François Guégan le père de Félix et Job était un fameux chanteur de Kan ha diskan. Très tôt, vers 1942, les frères Guégan se lancent dans la musique de noces : Félix et Hyacinthe d’abord, 2 treujenn-gaol (la clarinette qui parle breton) pour la journée, accordéon diatonique et batterie pour les danses modernes, le soir. Ensuite, l’orchestre passe à trois musiciens, saxo, accordéon chromatique, et Guy ou Job prend la batterie : c’est l’occasion de prendre quelques cours de musique auprès de Marcel Jegou, professeur à Rostrenen. Les années 1950 verront l’adoption de la bombarde et du biniou braz – cornemuse écossaise -, mode celtique oblige, en remplacement de la treujenn-gaol, si les mariés le désirent. De son côté, Robert Le Buhan apprend le saxo avec Marcel Jegou, et a l’occasion de sonner de la treujenn-gaol avec Arsène Cozlin.
 
Pendant de nombreuses années, Robert et les frères Guégan ne cessent d’être présents sur la scène des bals et des noces en Centre-Bretagne. Ils participent au renouveau des festoù-noz, Félix avec Iwan Thomas, et Robert avec Jean Louis Le Boulch dans le groupe Tro Blavez.
 
En 1978, à l’occasion du renouveau du « bal rétro » ou « bal à papa », Job, Félix et Robert créent JO FE RO et répondent à la demande de nombreux groupes du troisième âge en centre Bretagne. Ils animent alors des bals tous les dimanche après-midi, pour un public, qui bien souvent les connaît depuis leurs débuts, et ceci avec les instruments de leur époque - saxophone alto, accordéon chromatique et batterie. Le répertoire est essentiellement musette entrecoupés de « quarts d’heure armoricains » où on s’élance dans les danses bretonnes : danses locales anciennes (fañch, fisel, polkas, scottiches…), répertoire venu avec le biniou braz et la bombarde (an dro), « nouvelles danses bretonnes » demandées par le public des nombreux cours de danses actuels (pas de 7, bal d’Erquy…). C’est ce répertoire breton profondément enraciné dans la tradition, et interprété avec style et sensibilité que JOFERO vous propose dans leur CD An dirlipenn enregistré en 1997.
 
L’équipe de PDG (Paotred an Dreujenn Gaol) , avec notamment Dominique Jouve comme cheville ouvrière avait eu du « nez » d’enregistrer JOFERO avant que ses membres ne partent au paradis des musiciens. Robert le Buhan  est décédé le 23août 1999, il a été employé communal au service de la commune de St Nicolas du Pelem pendant 26 ans. A la mort de Robert, Joseph Guegan dit « Job la musique » a continué pendant quelques temps avec « l’Orchestre Etoile musette » , avant de décéder lui même en février 2003.
 
On peut encore trouver le cd de JOFERO sur les marchés de campagne ou dans les petits commerces bretons .
 
CD - An dirlipenn – Bal à papa en centre Bretagne (Escalibur / Coop Breizh CD 873)
Enregistré à Glomel en février 1997 (64:45), 24 Titres
Coordination du projet : Dominique Jouve et Paotred an Dreujenn Gaol
 
Avec la participation de :
Dominique Jouve : clarinette, violon
Laurent Bigot : trompette
Olivier Urvoy : saxophone
Annie Ebrel : chant
Erik Marchand : chant
 
 
1. Mazurka Mazurka du répertoire des accordéonistes diatoniques du pays fañch. Dominique Jouve à la clarinette
2. Fisel C’est la « gavotte supérieure » du pays de Rostrenen
3. Bal fisel
4. Fisel Un air habituel des sonneurs de clarinette, suivi d’un très bel air de kan ha diskan, popularisé par le groupe Diaouled Ar Menez. Au deuxième saxo Olivier Urvoy.
5. Pas de sept Une nouvelle danse bretonne. Avec l’aide de Laurent Bigot à la trompette
6. Kost er Hoët C’est la gavotte à la mode de Perret, en lisière de la forêt de Quénécan
7. Joli coucou (polka mod kozh) Chanson connue de tout temps en pays Fañch et Fisel. Dans le rôle de la jeune fille, Annie Ebrel, dans le rôle du meunier, Erik Marchand
8. Merc'hed Seglian (valse bretonne) Au début du siècle les instrumentistes à la limite de la Cornouaille et Pays vannetais (Côtes du Nord / Morbihan) adaptèrent des chansons traditionnelles aux nouvelles danses. Ainsi naquirent à partir d’airs à trois temps, les valses bretonnes. Et il y eu même des « tangos bretons ».
9. Hanter-dro Danse du Morbihan (pays vannetais)
10. Biz bihan, an dro Danse originaire de la côte vannetaise
11. Hond ba 'n iliz (polig montjarret)
12. Gwennedour (gavotte pourlette)
13. Scottiche
14. Pach pi
15. Bal d'Erquy
16. Laridé
17. An dro
18. Gwechall pa oan yaouank (polka plinn)
19. Tond maez an iliz Un air de treujenn-gaol pour sortir de l’église comme le sonnait Iwan Thomas, le plus brillant des sonneurs de treujenn-gaol et compère de Félix pendant plusieurs années
20. Ton pantalon (scottiche)
21. Ton Gwilherm Domaz (dans dro fanch) Gwilherm Thomas, mythique sonneur de clarinette de Tremargat jouait cet air de danse plinn quand à une heure tardive, les danseurs de la noce menaçaient de s’endormir
22. Daou ha daou (bal fanch)
23. Fanch Plonevez
24. Soubenn laezh (valse bretonne) Annie Ebrel interprète ce thème de fin de noces au moment où les jeunes apportent la soupe au lait aux mariés dans leur lit. Robert la sonnait à la fin du repas de noces avec Arsène Cozlin à la clarinette.
 
 
Article du Télégramme sur l’ « l’Orchestre Etoile musette » PLOUGUERNEVEL 04/01/2000 
330 danseurs au premier bal d’Étoile Musette
Le nouvel orchestre « Etoile Musette » réunit sur scène trois musiciens : André Derrien à la batterie, Louis Quenderff au chant et saxo, et Joseph Guégan à l’accordéon.
Le nouvel orchestre Etoile Musette a donné son premier bal dimanche, à la salle polyvalente. Cet après-midi dansant était organisé par le club des Aînés ruraux et a réuni environ 330 personnes.
Déjà très apprécié des danseurs, Etoile Musette se compose de trois talentueux musiciens. Ancien membre de l’orchestre Jofero, Joseph Guégan anime depuis de nombreuses années les bals dans la région, à l’accordéon chromatique et à l’orgue accordéon. Le batteur, André Derrien, bénéfice de plusieurs années d’expérience et a déjà joué au sein de différents orchestres. Chanteur, mais aussi saxophoniste depuis 55 ans, Louis Quenderff a notamment accompagné précédemment l’orchestre Jofero.
Particulièrement prisé par les danseurs du 3 e âge, le trio d’Etoile Musette anime les bals rétro avec un répertoire essentiellement composé d’airs musettes et de musiques de Bretagne. « Nous jouons de la musique de notre temps. Nous souhaitons nous faire plaisir mais surtout faire plaisir aux danseurs qui nous sont très fidèles » expliquent les trois musiciens qui interprètent en moyenne à chaque bal près de 90 morceaux, tous styles confondus. Le succès semble être d’ores et déjà au rendez-vous. Pour preuve, le calendrier des bals de l’orchestre Etoile Musette affiche d’ores et déjà complet pour cette année.
« Nous avons passé un excellent après-midi, très bien animé par les trois musiciens du nouvel orchestre, déclarait Emile Le Goff, président du club des aînés.
par Yvonig publié dans : A écouter
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 24 janvier 2006
…..Info de dernière minute…..Info de dernière minute…..Info de dernière minute…..
 
Les clarinettistes qui sont en région parisienne (c’est pas mon cas, je suis dans le Golfe du Morbihan !) ne doivent pas louper ce super concert le Samedi 28 janvier 2006 à 20h30 à la Courneuve (dans le 93)
 
Trois géants de la clarinette des Balkans: Yorgos Maggas, le Grec, Ivo Papazov, le Bulgare et Hasan Yarimdünya le Turc, se produisent au centre culturel Jean-Houdremont à La Courneuve.
 
Ce concert est qualifié de rencontre unique et exceptionnelle, il faut avouer que la personnalité des artistes est impressionnante, en effet, Yorgos Maggas est l'un des derniers grands maîtres de clarinette en Grèce. Il est simplement un grand joueur de clarinette, une bête de scène dotée d’un formidable humour. Il es accompagné au chant de la belle voix de Juli Tsineri.
 
Dans la partie occidentale de la Turquie, la clarinette est le principale instrument de style Sulukule, joué par les Tziganes dans les mariages et grandes fêtes locales. Hasan YARIMDÜNYA est l’un des grands interprètes de ce genre, et à l’image de sa région, il se plaît à introduire dans sa musique des thèmes balkaniques, slaves ou héléniques. Il est accompagné de Nuri Leksizgöz (kanun) et Rüstem CEMBELI ( davul, darbuka).
 
IVO PAPAZOV, avec Necho NECHEV (accordéon) et Vasil MITEV (kadulka), est une star de la « world music », sillonnant le monde avec des formations de musique bulgare aux couleurs traditionnelles, orientales ou franchement jazzy. Véritable légende vivante dans son pays et dans les Balkans, le clarinettiste Ivo Papazov est considéré comme un phénomène dans le monde de la musique.
 
Centre culturel Jean Houdremont
11, avenue du Général Leclerc 93120 La Courneuve
Réservations : Yer ayirimi: 01.49.92.61.61 / E mail. polysons2@yahoo.fr
 
Tarifs plein : 8,45€ - groupe: 6,50 €(+ 5 pers.)
 
 
par Yvonig publié dans : Archives
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 20 janvier 2006
Pour ceux qui parlent breton voici une histoire de sonneur de clarinette à écouter au format Real Audio
 
Henri Naou nous raconte son arrivée sur la scène du conte. Le conte, c'est l'histoire du Grand Favennec originaire de Saint Nicodème parti au service militaire pendant sept ans après tirage au sort, puis la fin de sa vie dans la région, travailleur de la terre pas très courageux, préférant jouer de la clarinette pour les bals et les noces. Histoire à tiroirs où Henri Naou nous promène dans cette authentique vie de campagne dans tous ses travers et ses anecdotes.
Henri (sonneur de treujenn gaol du centre Bretagne) se produit tous les ans au concours de Glomel (le dimanche matin face à l'église). Vous le retrouverez aussi au Danouet . N'hésitez pas à le rencontrer , c'est une mine d'informations sur les histoires de sonneurs de Treujenn Gaol.
 
Pour écouter cliquez ici
Cette émission est passée sur Radio Kreiz Breizh en septembre 2002
DUREE : 60 minutes
 
Radio Kreiz-Breizh
Ar vourg
22160 St Nigouden (St Nicodème)
Tél. : 02 96 45 75 75
Fax : 02 96 45 77 23
e-mail rkbinfo@9online.fr
 
par Yvonig publié dans : Treujenn gaol ?
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 20 janvier 2006

Esquisse est un Groupe de l'Ouest de la Loire atlantique (côté breton) de petits jeunes qui ont la pêche et qui "n'en veulent": Thomas Badeau (clarinette), François Badeau (son frère à l’accordéon diatonique ) et Vincent(bombarde). Les deux frangins se produisent régulièrement en Fest Noz, je ne sais pas si le trio tourne toujours en 2006...qui saura me dire ?

En attendant des nouvelles plus récentes,  voici les propos de Janick Martin sur Esquisse :
 
"Esquisse : commencement et ébauche. Il est vrai que ce trio, nous venant du pays gallo, n'en est qu'à ces débuts et que les quatre cents coups sont à venir, mais quelle modestie les a piqué pour obtenir ce senti personnel si original et dégageant autant de maturité. Cela, ne ressemble en rien à une ébauche. L'alchimie est parfaite. Le phrasé soigneusement étudié de Thomas, à la clarinette, se marie à merveille avec les harmonies et autres surprenantes rythmiques de son frère François, à l'accordéon. la complicité, bien sûre est évidente entre ces deux là, mais ils la partagent et la renforcent avec la bombarde que vincent fait rire ou pleurer, tel un jazzman emporté dans les tourbillons de ses chorus.
 
Esquisse nous fait entendre, avec cet enregistrement, une musique bretonne en perpétuelle évolution, riche en influences diverses et en inventivité. toujours au service de la danse, leur musique, aux milles fantaisies, respire la douce chaleur des festou-noz.
 
Mon dictionnaire, pour conclure la définition de ce mot "esquisse", me donne cet exemple : esquisse d'un sourire. croyez- moi, si par bonheur, vous croisez cette formule magique au hasard d'un fest-noz, le plaisir de l'entendre se fera sentir dans vos jambes et risque fort de vous faire sourire pendant un bon moment..."
 
  
A écouter : Et alors ? (2002)
Met le ! Laridé 8 - Ecouter (1.2 M)
Mijeur Plinn, ton simple
Panique Plinn, bal                  
Dérapage Plinn, ton double
Les nuits s'écourtent Hanter Dro - Ecouter (1.4 M)
Feurluches Scottish - Ecouter (1.1 M)

Prémices Rond de St Vincent

Tour novice Tour

 
Contact : Esquisse musicale
5, rue de la butte
35600 REDON
02.99.72.11.55. ou 02.40.50.86.76.

par Yvonig publié dans : A écouter
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus