Mes coups de coeur du moment

Vendredi 21 avril 2006
 Sortie chez INNACOR du disque UNU DAOU TRI CHTAR prévue aujourd’hui (le 21 avril 2006) ref: INNA20261
  
Erik Marchand chant
Costica Olan taragot
Jacky Molard violon
Viorel Tajkuna accordéon
Unu = un en roumain (prononcer ounou), daou = deux en breton, tri = trois en serbe et en breton, chtar = quatre en rom et s’écrit plutôt star ou ştar.
 
 1 2 3 4 c’est le début chuchoté de bien des morceaux mais dans quatre des langues pratiquées par les musiciens de ce quartet : Erik Marchand, de Poullaouen et sans doute d’ailleurs est chanteur, en breton le plus souvent et voyageur; Costica Olan est taragotiste et saxophoniste soprano (deux instruments cousins) sa langue familiale est le rom et, dans les autres circonstances, le roumain; Viorel Tajkuna (prononcer taycouna) appartient à la minorité rom du Banat de Serbie, c’est à dire qu’il est trilingue mais surtout accordéoniste et organiste pour les noces au pays. Jacky Molard, gallo de Saint Malo est venu depuis longtemps habiter à Spezet dans la Cornouaille, il compose, arrange, et joue du violon dans bon nombre de langues.
 
 Les quatre musiciens se sont rencontrés à l’initiative d’Erik au sein du grand orchestre pluri culturel «les Balkaniks». Dans cet album ,ils présentent des thèmes et des chansons qui en majeure partie sont des hommages à d’autres artistes qui ont marqué leur sensibilité musicale : Marcel Budala, Gabi Luncă et Ion Onoriu de Bucarest, Mariana Drăghicescu de Timişoara, les frères Ştefaneti de Moldavie, …Jacques Brel et d’autres
 
Le répertoire de cette formation utilise des compositions des quatre artistes: des pièces qui quoique modernes sont inscrites dans la culture de chacun d'entre eux - bretonne, tsigane, serbe, roumaine- et qui dans le même temps sont représentatives de leur ouvertrure. D'autres thèmes sont issus du répertoire de chanteurs célèbres de Bucarest ou de Timişoara voire d'Europe de l'ouest. L'un des intérêts de cette formation est la forte personnalité musicale de chacun des interprètes.
 
Des commentaires personnels suivront dès la sortie de l’album
Plus d’infos, reportage vidéo et Extraits en mp3 http://innacor.free.fr/INNACOM/1234.html
 
 
Erik Marchand, Chanteur POPULAIRE …ET CLARINETTISTE
Article et Interview  parue le 10/01/2006 dans Le Mag’ du Télégramme
 
Qu’est-ce qu’un chanteur populaire ? Un séducteur qui pose sa voix caressante sur des arrangements dans l’air du temps ? C’est une réponse possible. Erik Marchand en offre une autre, diamétralement opposée. Son chant à lui est populaire dans la mesure où il est l’expression d’une culture enracinée : celle de Bretagne et plus particulièrement du centre-Bretagne. Le moustachu à casquette a appris à le maîtriser auprès du regretté Manu Kerjean qui avait accepté de le guider.
Depuis, Erik Marchand n’a cessé de défendre, promouvoir et prolonger ce legs en l’enrichissant de rencontres parfois insolites, voire déroutantes, mais toujours assumées.« J’aime faire des choses différentes, je crois que c’est ma couleur principale », sourit l’artiste.

Une trentaine d’albums

Les multiples balises qui marquent son parcours en attestent. Sans tout citer, rappelons que, depuis le milieu des années 70 où il a commencé à écumer les festoù-noz avec son compère Yann-Fañch Kemener, il a participé activement à l’élargissement du champ d’expression de la musique bretonne. Une trentaine d’albums (dont une demi-douzaine a reçu un Grand Prix de l’Académie Charles Cros) l’illustrent. A côté d’anthologies et de compilations figurent ceux qu’Erik Marchand a enregistrés au sein du groupe Gwerz, avec le Quintet Clarinettes (il joue aussi de cet instrument - ou plutôt de la treujenn gaol comme disent les sonneurs du Kreiz Breizh), avec Thierry Robin, la Celtic Procession de Jacques Pellen...

Unu, daou, tri, chtar

Infatigable voyageur hors des sentiers battus (il parle français, breton, anglais, roumain, romani, serbe), Erik Marchand a également enregistré avec des représentants d’autres cultures populaires : les Roumains du Taraf de Carancebes, l’orchestre international Les Balkaniks ainsi que des gardiens de riches traditions vocales sardes, albanais, galiciens ou maliens pour son album « Kan ».
« Before Bach avec le rockeur Rodolphe Burger est sorti en 2005. La nouvelle année va voir l’inlassable explorateur augmenter sa discographie de trois opus. Le premier sortira sur un label qu’il vient de fonder avec Jacky Molard et Bertrand Dupont qui s’appelle Innacor. Son objectif ? Etre le Haut-parleur des cultures de Bretagne et du monde ». Le premier disque d’Innacor vient de sortir. Il est consacré au Turc Hasan Yarimdünia. En avril sortira l’album d’« Unu, daou, tri, chtar ». Le quartet réunit les Bretons Erik Marchand (chant), Jacky Molard (violon, alto, contrebasse), le joueur roumain de taragot Costica Olan et l’accordéoniste serbe Viorel Tajnuka.

Kreiz Breizh Akademi

Norkst devrait également enregistrer cette année. C’est le nom de l’orchestre issu de la Kreiz Breizh Akademi qu’a fondée Erik Marchand et dont il est le directeur artistique. Norkst se livre à des recherches passionnantes et novatrices sur la modalité et la musique bretonne. Enfin, le chanteur planche sur un album qu’il consacrerait en fin d’année à l’illustration musicale du livre du poète Henri Michaux « Voyage en Grande Garabagne ».

 

 



 

« On utilise le mot tradition quand on a peur du mot culture »

 

 

En quoi consiste la création «Dañs Dro» que vous allez présenter avec Yann-Fañch Kemener, un batteur et un bassiste au festival Taol Kurun de Quimperlé ?
Comme son nom l’indique, c’est un spectacle destiné à faire danser les gens. L’idée est de faire se rencontrer deux systèmes rythmiques : celui du kan ha diskan* avec celui d’une section basse-batterie, sans autre instrument mélodique que le chant. J’y retrouve mon vieux complice Jean-François Quéméner (Yann-Fañch Kemener). Le bassiste est Etienne Callac. C’est un musicien de jazz qui a de fréquents contacts avec la musique bretonne. Le batteur Mokhtar Samba est un jazzman marocain d’origine sénégalaise basé à Paris. Habitué à la musique du Maghreb, il a la pratique des micro-rythmiques que l’on retrouve aussi dans le kan ha diskan. C’est intéressant de jouer avec un batteur capable de saisir ces propositions rythmiques et de les développer.

Cela va-t-il donner un son très tribal ?
Oui, ça va sonner (rires) !

Quels types de danses interpréterez-vous ?
Toutes les danses du kan ha diskan : plinn, fisel, gavottes ainsi que quelques thèmes à écouter du répertoire centre-breton, notamment issus du répertoire de Jean Poder. Mais l’ensemble reste axé sur la musique de danse. Dès le mardi suivant, on vous retrouvera dans un univers très différent : celui né de votre collaboration avec Rodolphe Burger, une figure emblématique du rock dit atmosphérique.

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de jouer ensemble ?
Notre première rencontre remonte au Festival Panoramas de Morlaix en 2003. Rodolphe Burger avait fait savoir qu’il souhaitait rencontrer des musiciens de la région, tous styles confondus. Joran Le Corre de Panoramas m’a demandé si j’étais intéressé. Malheureusement on ne peut pas tout connaître et à l’époque je ne savais rien de sa musique. Alors j’ai appelé des collègues plus spécialistes en rock. Ils m’ont dit, Rodolphe Burger, fondateur du groupe Kat Onoma, c’est quelqu’un de très intéressant, maximum respect ! Donc je suis allé à la répétition en apportant un morceau que j’avais d’ailleurs composé pour un accordéoniste serbe qui joue avec moi dans d’autres formations.
Avec Rodolphe, on a joué ce morceau à Morlaix qui a eu l’heur de plaire au public et aux professionnels présents au théâtre. Le directeur du Quartz de Brest nous a proposé de poursuivre l’expérience et de faire une création chez lui. On l’a préparée en résidence dans la ferme de Rodolphe Burger dans les Vosges. Comme elle possède un studio, ça nous a permis d’enregistrer en même temps qu’on répétait et de construire les choses qui ont donné le disque «Before Bach» sorti en mars dernier.

Comment avez-vous élaboré un répertoire commun ?
A l’expérimentation (rires). J’ai écouté presque tous les disques de Burger, lui a écouté des choses de ma part dans le but de repérer les points de convergence. J’ai aussi apporté d’autres formes musicales que j’ai déjà pu pratiquer : de Grèce du nord, de Roumanie, de Bulgarie... La part bretonne tient essentiellement dans la langue et la technique de voix que j’utilise. Il y a également des airs traditionnels - un terme que je n’aime pas beaucoup - comme le blues de Poullaouën.
A partir de tout cela, avec les trois autres musiciens, on a cherché des ponts, des couleurs rythmiques et musicales. Participaient également les batteur et bassiste du Météor Band - le groupe régulier de Rodolphe -, ainsi que le joueur de oud électrique Mehdi Haddab. On expérimentait tout le temps ensemble, chacun générant de la dynamique pour les autres. Puis on a systématisé les morceaux qu’on gardait et les arrangements. J’ai refait quelques voix pour que ce soit plus propre. Cela a donné le disque et le répertoire des concerts.

Comment réagit le public à une telle fusion ?
Que ce soit au festival Art Rock de Saint-Brieuc ou aux Vieilles Charrues de Carhaix, on a eu un très bon accueil. Ce ne sont pas des morceaux spécialement faits pour les amateurs de rock ou pour ceux de musique bretonne. Ils sont plus marqués dans l’expression humaine que dans une couleur culturelle et c’est ce qui semble plaire à pas mal de gens.

Vous avez pratiqué beaucoup de fusions, tant avec des musiciens bretons que roumains, serbes, turcs et bien d’autres. Alors pour vous, qu’est-ce qu’une fusion musicale réussie ?
C’est une fusion dans laquelle tous les musiciens qui jouent trouvent un espace de liberté tout en pouvant jouer comme ils en ont l’habitude dans leur forme courante, « traditionnelle ». Si chacun ne peut s’exprimer librement, ça sent le collage et c’est raté. Il faut parvenir à trouver des formes musicales communes. C’est pour ça que ce sont plutôt des rencontres d’individus que des rencontres proprement culturelles.
Un musicien comme Costica Olan, joueur de taragot du Taraf de Carancebes, utilise des formes rythmiques de contretemps propres à la région roumaine du Banat. Or elles sont très proches de celles que je pratique en musique bretonne. A partir de là, on arrive à trouver des interprétations communes parce qu’on a le même entendement de la ligne mélodique. Mais ça ne veut pas dire que ça fonctionnerait entre n’importe quel chanteur breton et n’importe quel joueur de taragot roumain. Ce sont d’abord des rencontres d’individus.

Vous dîtes ne pas aimer l’adjectif traditionnel. Comment qualifiez-vous votre musique ?
J’appelle ça de la musique populaire. Le mot traditionnel ne me dérange que s’il se réfère à des formes figées. Et puis je pense qu’on utilise le mot tradition quand on a peur d’utiliser celui de culture. Moi je parle sans honte de culture et de musique populaires. Je préfère également parler de thèmes locaux plutôt que de thèmes traditionnels. Parce qu’il y a des thèmes locaux qui sont récents, comme celui que j’utilise en clin d’œil dans le morceau « Before Bach ». Il a été composé pour la rencontre avec Burger en adoptant une gamme qui était utilisée par un chanteur de Poullaouën. J’en ai fait un kaz ha bar qui aurait pu être tout à fait «traditionnel » parce qu’il est composé dans une forme locale.

*Kan ha diskan : chant breton à danser interprété en couple a capella.

 

 

Propos recueillis Frédéric Jambon - 10/01/2006 Le Mag’ du Télégramme

 

Article complet à l’adresse suivante : http://www.letelegramme.com/gratuit/mag/art_327334.php

 

 

 

Le parcours d’Erik Marchand

 

 

Erik Marchand. Né à Paris d'une famille originaire de Quelneuc en pays gallo, il oscille dans son enfance entre un grand-père qui chante et un père qui joue de la guitare. Amateur de musiques du monde, il découvre, pendant son adolescence, un enregistrement de fest-noz que son père possède. Il se lance alors dans le collectage de chants traditionnels, en région de Rostrenen, en Centre Bretagne, souvent auprès de sa famille ou d'amis, lors de ses vacances. Il profite aussi de ses séjours pour apprendre le breton.

 

Il participe à un cercle celtique en jouant du biniou : "c'était pour moi une manière précise d'apprendre à connaître la musique bretonne". Il chante aussi en gallo, dans des festoù-noz de la capitale, avant de se lancer dans le kan ha diskan (chant et dé-chant) avec Erik Salaün et Yves Castel. C'est à l'âge de dix-huit ans qu'il découvre dans un fest-noz à Paris la voix de Manuel Kerjean. Fasciné par l'expression et les subtilités de cette voix, il se décide à le rencontrer, pour apprendre auprès de lui la technique du chant traditionnel breton.

 

C'est alors qu'Erik Marchand quitte Paris pour Rostrenen. Il commence à rencontrer régulièrement Manuel et à apprendre auprès de lui, à la fois le chant et aussi la culture et la langue bretonnes. En 1975, il s'établit définitivement en Bretagne pour y travailler et y chanter. Quelques mois après, il monte pour la première fois sur scène avec Manuel Kerjean... Ils ont fêté en 1995 leurs vingt ans de scène commune.

 

En même temps qu'il apprend le chant, Erik continue à jouer de la clarinette bretonne (Treujenn Gaol) et s'investit dans l'apprentissage de la gwerz (complainte dramatique traditionnelle). En 1976, il travaille à Dastum, pour classer et répertorier des enregistrements. Il y découvre la voix de Madame Bertrand et les superbes mélodies de ses gwerzioù. Il entend un nouveau répertoire, qui le passionne, et à son tour se met à l'interpréter. Ce répertoire disparaissait progressivement depuis 1970...

 

Il décide alors de passer professionnel.

 

En dehors des fêtes de nuit qu'il anime, souvent avec Manuel Kerjean, Marcel Guilloux, il enregistre pour Armen / Le Chasse-Marée, une partie de l'Anthologie de Chants de Marins (volume II, III, IV, VIII) et de Chants de bateliers jusqu'en 1985. Il participe aussi à la création d'un Trio avec Gilbert Bourdin et Christian Dautel, avec qui il signe deux disques, Chants à Danser de Haute-Bretagne (Dastum, 1982) et Chants à Répondre de Haute Bretagne (Le Chasse-Marée, 1985).

 

Il participe à la fondation du groupe Gwerz, dont le premier album Gwerz, Nouvelle Musique de Bretagne sort en 1985, suivi trois ans plus tard par Au-delà (Grand Prix de l'Académie Charles Cros), et enfin de Gwerz Live.

 

En 1988, il rencontre Thierry Robin avec qui il entame un travail d'analyse et de repérage musicaux du Centre Bretagne, qui s'avère très proche des musiques orientales. Ce travail fera aussi l'objet de deux disques. Le premier, un duo : « An Henchoù Treuz », obtient le Prix de l'Académie Charles Cros. Le deuxième, « An Tri Breur » (Les Trois Frères) réunit en trio les deux compères et Keyvan Cheminari. Le Trio Erik Marchand, ainsi formé, invite entre autres Yann-Fañch Kemener à venir partager l'expérience musicale.

 

Mais il n'en oublie pas pour autant la clarinette, participe à deux compilations de sonneurs de clarinette (chez Le Chasse-Marée) et signe aussi deux disques avec le Quintet de Clarinettes, fondé par Michel Aumont et dont il est membre.

 

Sa passion pour les musiques traditionnelles l'invite à s'intéresser rapidement au cas de la Roumanie et de ses Tarafs. Il apprend le roumain et entreprend le voyage dans la région du Banat. Depuis, il séjourne plusieurs mois par an dans cette région. Lors du festival de clarinette à Glomel, il invite Le Taraf de Caransebes, avec qui il fait un disque, « Sag An Tan Ell », mélangeant sons bretons et sons roumains, aux influences serbes. Puis ils produisent ensemble un nouvel opus, DOR+.

 

Mais Erik Marchand ne s'arrête pas à l'interprétation musicale, il co-fonde et dirige le label Gwerz Pladenn (édition Coop Breizh), sur lequel il enregistre certains de ces disques. Il produit aussi des disques de musiques tziganes et roumaines, devient conseiller artistique sur d'autres disques. Enfin, il participe à l'effort de promotion des musiques traditionnelles roumaines.

 

Erik Marchand participe également à la Celtic Procession de Jacques Pellen, aux côtés d'Annie Ebrel, Riccardo Del Fra, Les Frères Guichen...

 

 

Informations sur Erik Marchand recueillies par Gérard Tourtrol (radio France) lors d’une émission du jeudi 10 février 2005 à l'occasion de la sortie  de l’ album, "Pruna"

 

 

 

Plus d’infos et vidéo live sur http://www.tv5.org/TV5Site/musique/mondomix.php?id_artiste=782

 

Et http://www.erik-marchand.com/ 

 

par Yvonig publié dans : Gourbi à clefs
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Mercredi 19 avril 2006
Pier an Dall (1832-1908)
Pierre l'aveugle, à l'état civil Pierre-Marie Sérandour , est le plus ancien des sonneurs de Treujenn gaol recensés.
Il habitait, au Haut-Corlay, une petite maison nommée Kermusique. Pier an Dall effectue un voyage à Paris dans les années 1852-55, la tradition orale va beaucoup broder sur cet événement. On dit aussi qu'il aurait joué devant Napoléon III, lors du voyage de ce dernier en Bretagne en 1958.
Il est bien difficile aujourd'hui de séparer la légende de la vérité, en ce qui concerne la vie du plus célèbre des sonneurs de clarinette. On dit qu'il a animé des milliers de noces et fêtes et il était connu de Pontivy à Tréguier et de Carhaix à Saint-Brieuc.
La vie de Pier an Dall est à mettre en parallèle avec celle d'un autre grand sonneur breton, Matilin an Dall, célèbre sonneur de bombarde de Quimperlé.
 
 Un sonneur prestigieux semble avoir suscité un important engouement en faveur de la clarinette dans les Côtes‑d'Armor pendant la seconde moitié du XIXe siècle : il s'appelle Pierre Sérandour, du Haut‑Corlay, surnommé Pier an Dall (Pierre l'aveugle), ou Dall Korle (l'aveugle de Corlay). C'est un des rares joueurs de clarinette à n'avoir vécu que de son art. A l'égal d'autres virtuoses, comme son contemporain Matilin an Dall l'illustre sonneur de bombarde, il a marqué la mémoire populaire. Des anecdotes courent encore, en cette fin de xxe siècle, à son sujet. Une femme d'une soixantaine d'années rencontrée vers 1980, a même affirmé l'avoir entendu dans son enfance ... il est pourtant mort en 1908 !
 
Un article publié en mai 1930 dans Breiz (journal en breton) par B. Loyer, recteur de Grâces‑Guingamp, constitue la principale source de renseignements sur sa vie. L'auteur a eu la chance de lier connaissance, dans sa paroisse, avec Joseph Le Goff, un joueur de clarinette qui dans sa jeunesse avait été le guide et le compère de Pier an Dall.
Né en 1832 au Lannier, en Haut‑Corlay, Pier an Dall, de son vrai nom PierreMarie Sérandour, est issu d'une famille très pauvre. Son père est originaire du Haut‑Corlay, sa mère de Saint‑Nicolas‑du‑Pélem : tous deux parlent breton. Ses parents étaient de pauvres paysans et Pier aurait sans doute suivi leurs traces si une maladie ne l'avait rendu aveugle à l'âge de trois ans. Comme bien d'autres aveugles, il trouve dans la musique à la fois une consolation et un moyen de subsistance. Selon Joseph Le Goff: "On le voyait tous les jeudis au marché de Corlay, sur le bord de l'étang. Il recevait un bon accueil de la part des marchands et des passants... et ramenait son aumône à ses parents. Le métier lui plaisait, Quand il partait sur les routes, son seul repas était un bout de pain de seigle avec du beurre et du kig sali (lard)." Le jeune Pier jouait alors du pif, une sorte de pipeau en fer blanc à six trous, sur lequel les sonneurs de clarinette (comme les sonneurs de biniou ou de bombarde) font leurs premières gammes.
 
Vers l'âge de quinze ans, il achète une clarinette à six clefs et commence à gagner sa vie en animant les noces, les pardons et les fêtes. Son succès grandit si vite que son nom est connu à plus de dix lieues à la ronde. "quand on vint le chercher pour sonner la première fois dans une noce, il n'était qu'un adolescent; la musique de sa bombarde fit trembler l'air et la maison et les danseurs se mirent à tourner jusqu'à ce qu'ils n'en puissent plus."
Au début du Second Empire, vers 1852‑1855, Pier part pour la capitale. Les raisons données pour expliquer ce voyage divergent. Selon un ancien du pays : "C'est pour participer à un concours de musique que Pier an Dail se rend à Paris. Il y a gagné le premier prix, et a même eu l'honneur d'être félicité par l'empereur Napoléon iii en personne." La version de Joseph Le Goff, moins enjolivée, est peut‑être plus proche de la réalité c'est tout au contraire pour apprendre la musique que Pier an Dall va à Paris Hélas, dans la capitale, ses airs Il n envoûtent pas les jeunes filles comme en Cornouaille", et le sonneur a du mal à vivre, jusqu'au jour où il y fait une heureuse rencontre : "Un jour, dans une cour, l'aveugle sonnait doucement dans son instrument quand vint à passer un maître de musique. C'était un officier qui dirigeait une musique militaire. Il entra dans la cour pour voir qui jouait si gaiement, et s'émerveilla en trouvant devant lui un jeune aveugle. Il resta un moment écouter la musique, et lorsque la bombarde se tut, il lui dit: «Mon garçon, vous jouez bien. Vous seriez un bon sonneur si on vous enseignait. Je suis musicien comme vous. Je joue tous les jours du même instrument. Venez chez moi si vous le voulez, tous les soirs après souper. Je serai heureux de vous aider Il vous faudra, bien sûr, échanger votre bombarde contre une nouvelle, car celle‑ci ne vaut pas grand chose. J'irai avec vous en acheter une chez un bon marchand, M. Buffet‑Crampon, au Passage du Grand‑Cerf, c'est lui qui vend les meilleurs instruments.»
 
"L'aveugle n'hésita pas. On le conduisit sur le champ acheter une nouvelle bombarde et le soir même, il prit sa première leçon avec son professeur et bienfaiteur. Au bout de quinze jours, l'aveugle jouait plus agréablement. On lui avait appris de nouveaux airs, Le son de la bombarde n'était plus aussi perçant, aussi rude à l'oreille, et les concierges ne fermaient plus leur porte lorsqu'ils voyaient l'aveugle breton. Pierre Sérandour se montrait aimable pour tout le monde. La pitié et la musique aidant, l'aumône tombait plus souvent dans sa bourse. La tristesse disparut. Il était à l'école depuis quatre mois : les gammes, les clefs, les airs nouveaux de Paris et de Bretagne passaient sans faute dans l'instrument. Sitôt qu'il avait entendu les notes, il déchiffrait bien des danses, des chansons, des airs difficiles et beaux..."
Dans son article, l'abbé Loyer ne parle pas de "clarinette" mais de "bombarde". Pourtant aucun doute n'est possible, Pier an Da//jouait bien de la clarinette, dont Buffet‑Crampon est un célèbre fabricant parisien. Pourquoi cette erreur ? Pour qui s'intéresse à la Bretagne dans les années 1930, le mot "bombarde" paraissait sans doute plus vraisemblable, car plus "typique" de la tradition bretonne alors connue.
Dès son retour, Pier an Dall bénéficie sans aucun doute du prestige d'avoir sonné dans la capitale. Il a appris les derniers airs à la mode et possède désormais un instrument neuf et une technique de jeu bien élaborée. Sa réputation, déjà bien assise avant son départ, s'amplifie rapidement : "C'était un événement de J'entendre. Sa façon, son nom, sa connaissance, lui donnent du travail tout de suite. Il n'y a pas de fête ni de grande noce sans Dall Korle, on re
tarde les noces, plutôt que de manquer le sonneur. .. Il est connu de Pontivy à Tréguier et de Carhaix à Saint‑Brieuc."
En 1858, l'empereur Napoléon iii vient visiter de nombreuses villes bretonnes et le sonneur décide d'aller le voir à Pontivy. Devant l'empereur, Pier an Dall joue son plus bel air, En partant pour la Syrie, un air militaire qu'il a sans doute appris à Paris. Quelques temps plus tard, Pier an Dall décide d'ouvrir un café au Haut‑Corlay sur la route
Guingamp‑Corlay. Il le nomme Kermusique et l'inaugure le jour de la course de chevaux annuelle de Corlay, qui se déroulait tout près de là, dans les landes de Kergolio. La femme de Pier an Dall, Marie‑Louise Burlot ‑ leur mariage remonte à 1857 ‑ ne savait plus où donner de la tête : "Il n'y avait plus de place dans le café. On dansait partout sur la route, et quand fut arrivée l'heure d'ouvrir la grande fête sur la place de la ville, toutes les barriques et les bouteilles étaient vides à Kermusique. La jeune femme ne fit jamais une si bonne recette que ce jour dans le pays cela lui vaut par la suite lie surnom de «Markiz de Kermusique». Souvent un lui écrivait des lettres et la mention «Marquis de Kermusique» suffisait pour qu'elles atteignent leur destinataire !"
 
Comme le veut l'usage dans une grande partie de la haute Cornouaille, Pier an Dall a dû souvent sonner en duo avec un compère qui lui servait également de guide. Peut‑être lui arrivait‑il également de sonner seul, et de revenir à Kermusique par ses propres moyens; la chose n . est pas impossible. On raconte aujourd'hui encore à Callac que Jan Maï an Dall, un autre sonneur de treujenn‑gaol du début du siècle, aveugle lui aussi, avait l'habitude de se faire conduire à pied là où il devait jouer pour pouvoir rentrer ensuite seul, quelle que soit la distance : il ne se perdait jamais !
C'est en 1870 que Pier, jouant à la foire de mai de Gouarec, rencontre Joseph Le Goff, un jeune sonneur de Plouguernével: "Job ar Gow était en train de garder ses bêtes comme d'habitude. Des bandes de jeunes gens descendaient en ville et, sur la place, des Cornouaillais se précipitaient autour de Pier an Dall. Job, entendant le son de la clarinette, ne peut s'empêcher de suivre la jeunesse de la ville: il oublie vaches, chevaux et moutons, et les rejoint, habillé de ses vêtements de tous les jours. Il traverse la foule des danseurs pour arriver jusqu'au sonneur. Il est étonné de voir un homme aux yeux sombres, vêtu comme un paysan, qui joue de manière si douce: tout de suite, il se prend d'amitié pour l'aveugle." Il lui demande alors s'il n'a pas besoin de quelqu'un pour le conduire sur les routes et lui dit qu'il sait également jouer de la clarinette. Pier accepte volontiers la proposition du jeune vacher : il n'est pas facile de se déplacer quand on est aveugle ! Job ar Gow devient pendant sept ans son guide et son compère pour sonner dans toutes les occasions. Mais il ne commencera son nouveau travail que quelque temps plus tard : pendant la guerre de 1870, on ne sonne pas.
Combien Pier an Dall a‑t‑il animé de noces et de fêtes ? Des milliers, à coup sûr ! Il va aussi aux grandes foires annuelles. Au milieu du XIXe siècle, on n'en compte pas moins de treize à Quintin, deux à Plésidy et à Saint‑Gilles‑Pligeaux, une au Vieux‑Marché, etc. Pier an Dall apprécie particulièrement la Sainte Barbe de Callac. La fête, qui dure une semaine entière, le paie bien et le travail est peu pénible : le jeudi, jour des prêtres, il n'y a pas de musique, mais le sonneur reçoit quand même son salaire. Aujourd'hui, près de 90 ans après sa mort, le souvenir de son passage est encore vif auprès des anciens de Callac. Il faut dire qu'il n'hésite pas, quand cela le mérite, à se donner de la peine : pour aller sonner au mardi Gras de Guingamp, il se met en route le lundi à minuit, pour être à pied d'oeuvre dès six heures du matin !
L'hiver, quand les occasions de jeu sont moins nombreuses, il organise des danses à Kermusique après les vêpres du dimanche. Renommées à plusieurs lieues à la ronde, elles sont fortement décriées par Monsieur le Recteur ! En effet, comme bien d'autres sonneurs, ses relations avec le clergé sont parfois difficiles. Joseph Le Goff raconte que, un dimanche, le recteur de Plounévez
Quintin s'est mis en colère et a envoyé en enfer tous les sonneurs et leurs instruments, qui étaient les valets du diable. Mais cette grande envolée n'a pas eu l'effet escompté : on a continué à danser les dans dro car "la jeunesse de Corlay a le pied léger". Vers 1870, Pier an Dall participera à un charivari, à l'occasion du mariage d'un veuf et d'une jeune fille. Il aimait bien raconter cette histoire et Joseph Le Goff l'a souvent entendue : "Des groupes venaient de chaque village de la paroisse et des paroisses voisines, avec de grands couvercles, faits de poix et de résine, des trompes et des trompettes. Sur le dos d'une jument, on avait monté une chèvre habillée en blanc. Des coups de pistolet brillaient et craquaient dans l'obscurité. Une foule suivait les gens déguisés, les yeux bandés, et une chanson, la chanson du charivari, retentissait tout au long de la route."
 
Pierre Sérandour a eu trois filles; l'une d'elles, Marie‑Louise, se marie en 1881 avec Jérôme Thépot de Plouguernével qui, sur les actes d'état civil, déclare lui aussi exercer la profession de musicien. lis tiendront un café à Corlay. En 1903, les familles Sérandour et Thépot quittent leur région pour s'établir à Nantes. Le plus célèbre de tous les joueurs de treujenn‑gaol finira ses jours anonymement à l'hospice Sainte‑Anne de Nantes où l'Ankou passe le prendre en 1908, à l'âge de 76 ans.
 
La mention de Dall Korle dans un poème du recueil publié par François Jaffrenou (dit Taldir), An Delen Dir, en 1900, resta longtemps la seule référence connue du sonneur.
 
 
Sources :
- Collectif, "Musique Bretonne, Histoire des sonneurs de tradition " ed. Le Chasse-Marée/Armen, Douarnenez 1996
- Panorama de la Musique bretonne (musiques-bretagne.com)
- Armen N°2 – Article Pierre Sérandour, l’aveugle de Corlay. (armen.net)
par Yvonig publié dans : Treujenn gaol ?
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Lundi 10 avril 2006
Le tárogatók de tárogató (hongrois, pluriel), dit taragot ou torogoata (en roumain), est utilisé traditionnellement dans la musique européenne orientale. Il se rapporte à deux instruments différents , tous les deux hongrois. Jusqu'au 18ème siècle environ, le tárogató était un type de hautbois (ou bombarde) : avec un double roseau , un alésage conique , et aucune clef. Cet instrument est connu dès le 15ème siècle. C’était un des symbole hongrois, son utilisation a été supprimé au 18ème siècle.
 
Vers 1890 une version moderne a été inventée par Venzel József Schunda, un fabricant d'instrument de Budapest. A facilité l’instrument en utilisant  des anches simples de roseau , comme sur une Clarinette ou un saxophone . Il est fait en bois et a un alésage conique, semblable au saxophone soprano. L'instrument est fait de bois noir de grenadilla comme une clarinette et a un  son a mi chemin entre un cor anglais et un saxophone soprano.
 
En raison de sa sonorité extrêmement forte et rauque , le tárogató a été employé comme instrument de guerre (signalisation pendant les batailles : comme le bugle et la cornemuse ), et pouvait effrayer les ennemis des Hongrois. Le taragot est accordé en Si bémol. Son étendue chromatique est de plus de 2 octaves. Son doigté est proche de celui du saxophone.
 
On retrouve le Tárogató en Hongrie, Transylvanie et d'autres régions de la Roumanie, bien que ces dernières années sa position ait commencé à être usurpée par le saxophone plus fort et plus accessible, particulièrement en Roumanie. Dumitru Farcas est un interprète bien connu du genre (probablement le meilleur exemple enregistré de son travail est entendu sur l'album "cannelures roumaines" d'Arion,). Les joueurs de musique folk/klezmer/"world de fusion "dans les pays occidentaux ont également adopté le tárogató . Erik Marchand avec Costica Olan et le Taraf De Caransebes , met également à l’honneur le taragot dans différents enregistrements.
 
 
Vieille Publicité hongroise qui montre différents modèles de Taragots par Stowasser
 
A écouter :
Costica OLAN appartient à l'une des deux grandes familles de musiciens tsiganes du « Banatul de Munte », le Banat des Montagnes (région de Caransebes).
Il est originaire du village de Maciova où la tradition affirme que tous les hommes sont musiciens et toutes les femmes danseuses. Enfant il apprend d'abord le fluier (petite flûte) puis le saxophone, l'instrument paternel et enfin le taragot et le saxo soprano dont il devient un maître incontesté.
 
Son style, personnel quoique issue de la tradition familiale, est brillant, plein de variations et de contre-points, de phrases virtuoses fusant dans l'aiguë et de tourbillons rapides de notes détachées. Dans les « doinas » les pièces lentes jouées en mémoire des disparus, la subtilité et le sentiment personnel qu'il apporte dans les phrasés improvisés en font le plus apprécié des « doinitor » (joueur de doina).
 
(Sources : traduction approximative d’après Wikipedia, l'encyclopédie libre)
Discographie :
Costica OLAN  et le TARAF DE CARANSEBES (et Erik Marchand)
SAG AN TAN ELL (VERS L'AUTRE FLAMME) 1994
DOR (1998)
Taraf de Caransebes, musiciens du Banat, Silex 1993
Costica OLAN, Taragot, Cinq Planètes 1999
Costica OLAN si taraful Olanilor, Cinq Planètes 1999
 
 
quelques liens sur le taragot  :
 
par Yvonig publié dans : Clarinettes du Monde
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Lundi 10 avril 2006
Ça y est ! c’est le printemps les hirondelles reviennent et les fest-noz reprennent !
 
Rendez- vous le dimanche 16 avril 2006 (Pâques) comme tous les ans depuis 30 ans ... Le fest-noz débute à 15h. Il est clôturé par un Bœuf-gavotte (généralement mangé sauce-montagne) vers 3h du matin ...
 
Que des bonnes choses  dont (parmi mes préférés) : Duro / Floc'h (clarinette et accordéon) , Gaby Kerdoncuff Trio , Los Trognos Coulos etc…
 
Printemps de Chateauneuf
Balaneg
29460 St Eloy
tel/fax : 02.98.21.97.57
permanences les mardi, mercredi et vendredi de 9h à 17h
 
 
par Yvonig publié dans : Gourbi à clefs
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Mercredi 5 avril 2006
 samedi 13 mai 2006  : L'association GALLOTONIC organise un stage de clarinette du pays GALLO avec Yves Le Blanc + concert des SIX TRONCS !

 

 

 

 

Attention : le stage commence à se remplir, si vous êtes interessé, ne tardez pas à réserver votre place !

 

 

 

A propos d’ YVES LEBLANC
- Diplômé d'Etat de musiques traditionnelles.
- Multi-instrumentiste: Clarinette, Saxophone, Cornemuse, Accordéon,...
- Professeur de danses Bretonnes et de salon, de clarinette, de saxophone et de chant à l'association - Chants et Danses de Bretagne.
- Spécialiste de Danses Bretonnes, il a écrit de nombreux ouvrages sur la danse traditionnelle.
- Formateur de professeurs de danses bretonnes, il intervient également en danse et musique pour former les instituteurs en Morbihan, Côtes-d'Armor et Ile et Vilaine.
- Nombreux enregistrements , surtout en compagnie de Yann Dour et Mike James (les Six troncs , Jacal, etc.)
- Anime des stages de clarinette et de danse en France mais aussi à l'étranger.
Horaires : 9 heures 30 à 18 heures (pause repas le midi)
21 h Concert : « Les Six Troncs »
 
Lieu : Centre Culturel de Liffré (35)
 
Tarifs : Stage 30 €, repas du midi au Lion d'Or (facultatif, à réserver) 13 €
 
Concert "Les Six Troncs" (tarif réduit, réservé aux stagiaires) : 5 €
 
Organisation : Association Gallo Tonic Liffré
Culture et traditions de Haute Bretagne
Le grand His
35250 Mouazé
Téléphone et télécopie : 02.99.23.54.57
 
par Yvonig publié dans : Cours et stages
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Mercredi 5 avril 2006
Mode de jeu
Les sonneurs de treujenn-gaol jouent le plus souvent en couple, selon des règles analogues à celles des chanteurs de kan ha diskan (Chant et déchant) de Haute-Cornouaille.
 
Mais les sonneurs de clarinette assouplissent beaucoup ce schéma ; le deuxième sonneur double souvent le premier assez tôt, reprend avec lui une phrase entière, apporte une ornementation...
 
Parfois, au contraire, certaines phrases sont coupées en deux parties, reprises par chaque sonneur. Chez les joueurs du Pays gallo (Mené), ces règles sont encore plus libres.
 
Il n'y a pas pour les sonneurs de règles strictes et l'interprétation reste très personnelle. Les transformations vont de la simple nuance due au style propre à chaque sonneur, à la variante établie par l'usage.
 
Seule ou en couple, accompagnée parfois d'un tambour, la clarinette sera de toutes les fêtes à partir de 1870.
 
La treujenn-gaol a également réussi à s'allier aux instruments déjà en usage dans le Trégor et le Centre-Bretagne, provoquant des formations originales : clarinette-biniou-tambour, clarinette-vielle, accordéon-clarinette...
 
De même, à l'est de l'Ille-et-Vilaine, jusqu'aux années 1910-1920, on trouve des duos tron' d'chou (clarinette)-violon, tron d'chou-accordéon, voire, aux alentours de la Guerche, des duos de clarinette.
 
En Haute-Bretagne toujours, entre les deux guerres se forment de petits orchestres comprenant, outre le violon et la clarinette, une « bouèze » (accordéon diatonique) et un « jâze ». Ils vont animer les bals de noce jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
 
Style de jeu
En Haute-Cornouaille et dans le Pays gallo voisin (de Corlay à Collinée), les sonneurs traditionnels en activité ont conservé des styles de jeu anciens et originaux, les ont transmis et les musiciens actuels les perpétuent. Par contre, en Pays de Fougères et de Vitré, ainsi qu'en Trégor, le style a dû être réinventé à partir de documents écrits, ou de celui des autres instruments pratiqués.
 
Les mélodies sont presque toujours diatoniques et les altérations ne sont que rarement employées.
 
Les gammes utilisées
Sur une clarinette treize clefs, les clefs utilisées sont celles donnant la sensible et la tonique, c'est-à-dire le si et le do (notes réelles : la et si bémol) et la clef de douzième.
 
Tous les sonneurs de tradition rencontrés jouent à l'aigu, la clef de douzième continuellement ouverte. Pour quelques rares airs, la première note se fait avec la clef de douzième fermée, le reste de la phrase est joué clef ouverte
 
Les sonneurs utilisent un doigté progressif (comme sur le pipeau), où l'on enlève les doigts un à un du plus bas au plus haut.
 
Sans aménagement, ce doigté donnerait un premier tétracorde : si bémol-do-ré-mi bécarre. En coinçant les deux anneaux et la clef du corps du bas (lorsque ces anneaux et clefs n'existent pas, la tierce est neutre « d'usine »), on obtient un mi intermédiaire entre le mi bécarre et le mi bémol. De même, le la et le si bémol aigus sont joués plus graves qu'au sein du système tempéré égal.
 
Cette échelle permet de jouer dans deux gammes :
- avec une tonique en si bémol, on obtient une gamme proche de celle du do majeur, mais avec une quarte haute (« demi-augmentée ») ;
- en utilisant le do comme tonique, on obtient une tierce, une sixte et une septième aiguës dites « neutres » ou « médianes » (mi demi-bémol = degré abaissé d'un quart de ton, la demi-bémol, si demi-bémol).
 
Effet d'un bienveillant hasard ou système modal spécifique, ces gammes sont très proches de celles utilisées par les chanteurs de la même région.
 
Ces gammes sont, avec le timbre spécifique de la treujenn-gaol, la marque de la musique des sonneurs du Centre-Bretagne, qui déclarent facilement qu'il leur est impossible de s'accorder avec la clarinette « jazz » moderne dont ils trouvent la gamme trop fade. En effet, la clarinette à 24 clefs ne donne pas la même gamme avec le doigté progressif.
 
Le rythme
Il est difficile de définir que les sonneurs se conforment à une rythmique binaire ou ternaire (de type 2/4 ou 12/8). Bien souvent, ils passent de l'un à l'autre au cours du même morceau.
 
Les ornementations
Elles font partie du style de chaque sonneur et il est bien rare que celui-ci sache expliquer sa technique personnelle. C'est l'oreille qui guide et l'inconscient qui transmet aux doigts et à la langue les mouvements voulus. Chaque sonneur trouve un équilibre dans son jeu : ce n'est pas la quantité des ornementations, mais leur à-propos qui fait la richesse et donne de l'efficacité pour faire danser.
 
On distingue des notes doublées, d'autres triplées appelées « triolets ». On exécute un « doublé » avec 2 coups de langue très rapprochés ou un coup de langue suivi d'un sauté de doigt. Pour faire le triplé, ce sont 3 coups de langue ou 2 séparés par un sauté de doigt…
 
On utilise aussi la note longue que l'on agrémente en la faisant monter à la note supérieure puis redescendre, de manière très coulée. 
 
Le Répertoire
L'expérience a amené les sonneurs à privilégier un certain nombre d'airs qui « vont bien » à la clarinette et qui, avec le temps, constituent un répertoire spécifique.
 
Il se compose principalement d'airs adaptés à chaque circonstance de la noce : airs pour quitter la maison des parents, airs de marche, annonce du repas, gavotte d'honneur, air des chevaux, soupe au lait…
 
On distingue 3 types d'airs : les marches, les mélodies et les danses :
 
Les marches étaient destinées à accompagner les déplacements des cortèges de noces à pied (de la noce au bourg ou pour mener le cortège à l'église, à la mairie…). D'un tempo très libre, elles laissent aux sonneurs une grande liberté d'expression. Le répertoire est important.
 
Les mélodies ou airs lents sont la plupart du temps des chansons liées au déroulement de la noce que les sonneurs reprennent et adaptent.
 
Les danses sont le répertoire le plus riche et le plus divers. On distingue :
- la gavotte répandue dans toute la Haute-Cornouaille : gavotte montagne, dañs fisel, kost er hoët ;
- la dañs plin en Pays Fañch et sud Trégor ;
- la dañs Treger et la dérobée à l'ouest et au sud du Trégor ;
- le rond, de Collinée à Corlay, connu sous le nom de rond de Loudéac ;
- l'avant-deux, le quadrille… dans une partie de la Haute-Bretagne.
 
Les clarinettistes complétaient souvent la suite de ces danses par des danses en couple (polka, parfois mazurka, scottisch…) qui, généralement, ont eu le temps de fixer la couleur locale.
 
Dans les années 1920, les couples vielle-bombarde ou vielle-clarinette du sud Trégor jouaient aussi les passepieds et les quadrilles.
 
Une partie du répertoire à danser a pour origine des airs chantés mais de nombreux airs sont spécifiques à l'instrument et semblent n'avoir jamais été chantés
 
Sources : librement inspiré du site musiques-bretagne.com
par Yvonig publié dans : Treujenn gaol ?
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Vendredi 31 mars 2006
Vous aimez la clarinette et la musique qui bouge alors découvrez vite le groupe Debout sur le zinc !
DSLZ est un groupe de rock issu de la nouvelle scène française. Ses membres empruntent leurs mélodies aux rythmes tziganes, yiddish, irlandais, vieux Paris ou même beaucoup plus rock. Ils nous racontent la vie des gens qui s'aiment et qui meurent dans un flot d'ambiances réalistes et nostalgiques.
 
Septuor français originaire de la région parisienne et formé en 1997. Debout sur le zinc, c'est une mixture fraîche et artisanale, un cocktail survitaminé composé de chanson-rock, de folk, de musette et de sonorités tsiganes. On est charmé par la douceur et l'originalité de cette musique, à caractère festif, on peut le dire, mais aussi par les textes, toujours bien écrits, non sans malice et dérision. Le groupe s'est signalé dès 1999 par un premier album éponyme, mais c'est bien plus par ses prestations scéniques qu'il a fait parler de lui.
 
A AURAY le vendredi 14 avril au centre culturel Athéna  : Debout sur le Zinc et Lo’jo à l’affiche.
Deux concerts pour une soirée musiques du monde !
Vendredi 14 avril, à 20 h 30, au centre culturel Athéna. Concert assis-debout catégorie A 19 €, 17,5 €, 11,5€. 
 
 
Composition du groupe
* Romain Sassigneux : chant, clarinette et guitares
* Christophe Bastien : chant, Gretsch et guitare
* Fred Triska : accordéon
* Cédric Ermolieff (Momo) : batterie, percussions, xylophone et choeurs
* Olivier Sulpice : banjo, mandole et choeurs
* Simon Mimoun : chant, violon, alto et trompette
* William Lovti : contrebasse
 
Ils ont emprunté le nom du groupe à un poème de Prévert, font leurs premières armes au coin des comptoirs avant d'aborder d'autres scènes. Ils ont grandi en région parisienne, y ont croisé leurs origines et leurs musiques chanson française, rock anglais, flamme irlandaise, fièvre tsigane. Cette dernière surtout a établi la réputation des sept Debout, fait participer un public vibrant à leur tourbillonnante énergie. Elle crépite, intacte, dans ce deuxième album qui fait redécouvrir les autres atouts du groupe : un don sûr pour installer aussi des atmosphères pensives, des ballades mélanco, des douceurs glissées entre deux tempêtes. Ils aiment et font aimer «l'amour triste et le vin tard». Leur cuvée est un mélange gouleyant, java-klezmer, trad-rock, clarinette-accordéon-violon-banjo... Ça fait le ventre chaud et la jambe légère, la tête en colère et la main caressante. La famille néo-guinguette est fort nombreuse, parfois un peu radotante : Debout sur le zinc y a trouvé sa place au rang des rebelles rageurs-rieurs.
 
Au début, ils s'appelaient les « Spiritless Power », groupe de rock-funk anglais. C'était en 92, ils étaient quatre et tournaient pas mal sur les scènes départementales. Et puis, suite à un concert des « Têtes Raides », ce fut la 'révélation', qui les a poussé à se reconvertir dans la voie d'une chanson française traversée de valses, tangos, java, musiques tziganes, irlandaises tout en gardant le concept électrique rock.
 
Suite à un remplacement inopiné lors d'un concert en 94, Momo est venu se greffer à la batterie, pour ne plus la quitter. L'aventure continuait... Il suffisait d'y greffer un banjo et un violon, des instruments mélodiques. Ce fut fait avec la rencontre de deux membres de « woodspoon », Olivier et Simon, auquel s'est ajouté Fred, l'accordéoniste.
 
C'est après un concert des « Garçons Bouchers » et un concert au « Divan du Monde » en mai 96 qu'ils ont trouvé le nom de « Debout sur le zinc ».
 
Ces rambolitains ont le culte des anciens sans s'adonner à la pâle copie ou au mimétisme. Ils sont bien dans leur temps, avec de vraies chansons identifiables, qui fait chaud au cœur et qui explosent sur scène.
 
Ils ont ensuite pas mal collaboré avec de nombreux groupes dont Les Ogres de Barback avec qui ils ont participé à la tourné du Latcho Drom, et collaboré aussi sur l'album « La Pittoresque Histoire de Pitt'Ocha » (chanson n°6: « Poil aux Yeux »)
 
En savoir plus : http://www.dslz.org/menu/
 
par Yvonig publié dans : Gourbi à clefs
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Vendredi 31 mars 2006

Recherche / Vend / achète / troc / partitions/ tuyaux …
 
Voici une rubrique animée par … vous même !
 
Vous avez vu qu’en bas de page il y a le mot « commentaire» . Il vous suffit de laisser votre annonce.
Sinon vous pouvez également m’envoyer un message et je me chargerai de la diffusion de votre petite annonce (attention ne mettez pas n’importe quoi , je me verrai obligé de supprimer votre annonce).

par Yvonig publié dans : Petites annonces 'clarinette'
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Mercredi 29 mars 2006
Pour  jouer avec une bombarde ou une cornemuse en Si Bémol il faut savoir que la clarinette joue plus bas que ceux - ci.
 
Au bagad de Lan Bihoué, ils ont fait tourner de nouveaux barillets chez Hervieux plus courts que les barillets classiques afin de réhausser les instruments. Il me semble qu'à Cap Caval et à Penhars ils ont aussi fait réalisé des nouveaux barillets par un luthier de Caudan (voir références plus bas)
 
Le barillet classique utilisé par la clarinette est accordé en 440 et les bombarde et cornemuse sont accordées en 445 ou 446 donc impossible de s'accorder.
 
Pour fabrication de barillets
Louis Jourdan  Moustoiric 56850 CAUDAN Tél : 02.97.05.57.37
 
(liste non exhaustive si vous en connaissez d’autres faites moi signe)
 
Pour conseils (achat , révisions, retamponnage etc. ) voir aussi les luthiers du coin 
 
Morbihan :
 
Yves Le Brun
Vents du Golfe 22 r St Patern 56000 Vannes
Tél : 02 97 47 50 56
 
Emmanuel Orgeval
HALL DE MUSIQUE 6 RUE MAR FOCH 56100 LORIENT    
Tél : 0297216333
 
Liste à compléter …
(A suivre ...)
 
 
par Yvonig publié dans : L'instrument
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Mercredi 29 mars 2006
8 & 9 avril 2006 . elle débarque à Brest ! 
VOUS N’AVEZ JAMAIS SOUFFLÉ DANS UN INSTRUMENT : INSCRIVEZ VOUS !
Atelier le samedi 8 avril, entre 14h & 16h. <