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Treujenn Gaol

Giora Feidman (Clarinette Klezmer) au Palais des Congrès de Paris pour le Nouvel An Chinois

15 Février 2006 , Rédigé par Yvonig Publié dans #Clarinettes du Monde

Le clarinettiste Giora Feidman. Photo Kurt Vinion/Getty Images
 
Organisé dans 15 grandes villes du monde par la télévision "New Tang Dynasty", le Gala du Nouvel an Chinois arrive à Paris pour une représentation unique, un voyage inspiré aux sources de la mythologie chinoise. (La chaîne NTDTV est la seule chaîne de télévision chinoise à ne pas être assujettie à la censure du régime communiste.)
 
NTDTV invite « le roi des klezmerim* » à jouer en l’honneur de l’Année du chien. Maestro Feidman, l’un des plus fameux interprètes de musique juive au monde, a été invité par la chaîne de télévision NTDTV pour jouer le 25 février à Paris au gala du Nouvel an chinois au Palais des Congrès. Lors de ce gala, le maestro, fidèle à lui-même, continuera à promouvoir l’échange entre les cultures et les droits de l’homme à travers le monde.
 
Léonard Bernstein a dit de Giora (à prononcer Guiora) Feidman : « Vive Giora ! Vive sa clarinette, vive
sa musique ! Il construit des ponts entre les générations, les cultures et les classes et il le fait avec un parfait
génie artistique ».
 
Feidman, surnommé le roi des Klezmerim, montera sur la scène de l’amphithéâtre du Palais des Congrès le 25 février prochain à 20 heures et fera sonner sa célèbre clarinette dans un spectacle qui sera retransmis à quelque 200 millions de spectateurs. Le spectacle est dédié à la culture chinoise traditionnelle ainsi qu’à la culture classique occidentale dans ce qu’elles ont de plus beau.
 
Feidman a décidé de participer bénévolement à cette soirée pour soutenir la chaîne de télévision dans son effort pour encourager le dialogue entre les deux cultures.
 
Feidman est d’autant plus sensible à la question, que vient d’être adoptée par l’Assemblée parlementaire du conseil de l’Europe (APCE) une résolution qui « condamne avec vigueur les violations massives des droits de l’homme commises par les régimes communistes totalitaires et rend hommage aux victimes de ces crimes. »
 
Entre un concert au Mexique, un tournage en Israël et des enregistrements en Allemagne, Feidman prend le temps de répondre à cette interview. Son concert en Allemagnes’intitule Two Religions One Langage : Music. Ce concert pour orgue et clarinette s’est donné pour objectif de rapprocher les deux grandes religions monothéistes : judaïsme et christianisme. C’est ainsi que Kol Nidrei (liturgie chantée lors du GranNidrei (liturgie chantée lors du Grand Pardon) et Ave Maria ont résonné tour à tour dans l’église. Les musiciens se tiennent assis au fond des églises, dérobés à la vue des spectateurs qui ne pourront les applaudir qu’à la fin de la soirée.
 
Le maestro ne se donne pas en spectacle car dit-il : « je ne fais pas du spectacle. Simplement je joue dans l’espoir de faire naître et de partager un peu de beauté et d’harmonie par la musique. Je suis au service de la société. Nous servons tous la société », explique-t-il, « Une musique est une musique, quelle qu’elle soit. Le nom de la composition ou du compositeur n’a pas d’importance. La musique est un langage de l’humanité. Je joue de la musique juive ou du Mozart ou du Jazz parce que c’est de la musique. C’est la communication la plus basique», dit Feidman, issu lui-même de quatre générations de musiciens. Né en Argentine au sein d’une famille d’immigrants, son père jouait de la clarinette et son grand-père du trombon. Son grand-père avait envoyé son père au conservatoire et ainsi a fait le père de Feidman. « A la maison j’ai été élevé dans la musique, pas forcément de la musique juive, mais le premier travail que j’ai eu ça a été de jouer dans des mariages juifs, mon père et mon grand-père eux aussi ont joué dans des mariages juifs ». Feidman a fait des études de musique classique puis il devient membre de l’Orchestre de Symphonie et d’Opéra de Teatro Colon à Buenos Aires. Deux ans plus tard il est admis à l’orchestre Philharmonique d’Israël dans lequel il jouera pendant deux décennies. Depuis il a joué avec une quantité d’orchestres et d’ensembles importants tels que le Kronos Quartet, le Philharmonique de Chambre Polonais, a enregistré des CD avec entre autre l’Orchestre Symphonique de Berlin et l’Orchestre Philharmonique de Chambre de Munich. Il a participé à de nombreux projets comme l’enregistrement de la bande sonore du film muet Le Golem ou à celle de La Liste Schindler de Spielberg, a joué dans des opéras tels que Lilith ou Le Joueur de Flûte. Le travail de Feidman a été largement reconnu et il a reçu une belle brochette de prix et de distinctions.
 
 
Néanmoins Feidman, qui passe avec virtuosité du classique au jazz, est célèbre pour avoir su ranimer la musique Klezmer, « la musique de l’âme juive » dans les années soixante-dix.
 
« ‘Klezmer’ est composé de ‘kli’ et ‘zemer’, c’est-à-dire instrument de chant, le corps étant l’instrument de la voix. Chaque personne est un instrument de voix pour exprimer la musique sans aucun rapport au judaïsme » nous dit Feidman, « le nourrisson dit à sa mère, si tu veux communiquer avec moi, maman chante-moi ; chaque mère chante à son enfant et pourquoi ? Parce que le chant et la danse sont des pouvoirs naturels. Quand le bébé pleure, la
mère chante et le bébé se calme. Vas-tu lui mettre la Cinquième de Beethoven ? » demande Feidman. « Ca lui est égal que ce soit une chanson française ou une chanson en yiddish pourvu que tu chantes tout simplement ».
 
Que fait un Klezmer juif dans un gala du Nouvel An chinois ? A cette question il répond : « Quand un musicien joue c’est l’authenticité de l’être qui s’exprime à travers sa musique ; nous sommes tous ici pour retrouver
cet être originel, au delà des religions, au-delà de toute classification humaine. La musique est un langage
universel, un langage divin. »
 
Klezmerim » : ceux qui jouent du « Klezmer », la musique juive traditionnelle d’Europe centrale.
 
 

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