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Treujenn Gaol

Le Clarinettiste Jimmy Giuffre est mort

13 Mai 2008 Publié dans #Clarinettes du Monde

Le musicien de jazz américain Jimmy Giuffre, qui avait innové en insufflant une touche classique à ses compositions, est mort  à Pittsfield (Massachussetts, nord-est) le 24 avril 2008 à l'âge de 86 ans. Jimmy Giuffre était notamment connu pour avoir signé en 1947 un morceau pour orchestre devenu très populaire intitulé "Four brothers". Musicien aux multiples talents, il jouait de plusieurs instruments, de la clarinette à la flûte en passant par le saxophone, et avait expérimenté différents styles au sein des multiples formations. Si son style avant-gardiste a finalement été reconnu sur le tard par la critique, à partir des années 60 sa carrière sur scène avait connu un certain ralentissement et, tout en continuant à composer, il avait aussi enseigné la musique dans plusieurs institutions, notamment à New York.

 

 « Lorsqu'il parlait, sa voix était d'une douceur de caresse et ses idées - sur la musique, le monde, l'homme - précises. S'il fallait caractériser son jeu, durant plus de soixante ans dans l'histoire du jazz, les mêmes termes reviendraient. Douceur et précision. Clarinettiste, saxophoniste, flûtiste, arrangeur et compositeur, Jimmy Giuffre, qui souffrait depuis plusieurs années de la maladie de Parkinson, est mort, à l'âge de 86 ans, le 25 avril, à Pittsfield (Massachusetts) des suites d'une pneumonie.

Né James Peter Giuffre à Dallas, (Texas) le 26 avril 1921, Jimmy Giuffre apprend la clarinette durant son enfance. Comme de nombreux musiciens de jazz, il aura l'occasion de se perfectionner lors de son service militaire de 1942 à 1946 au sein d'une petite formation. De retour à la vie civile, il s'installe à Los Angeles. En 1947, il compose pour le big band de Woody Herman un tube, Four Brothers. Ce titre de gloire le fait remarquer comme arrangeur pour grands orchestres. Au début des années 1950, Jimmy Giuffre participe à l'essor du style dit West Coast (swing tranquille et sophistication des arrangements) à l'occasion de nombreuses séances d'enregistrement.

En 1956, Giuffre forme le premier des trois ensembles qui va lui attirer des louanges critiques et démontrer son goût pour l'innovation stylistique. C'est le Jimmy Giuffre Trio, avec le guitariste Jim Hall et le contrebassiste Ralph Pena. En 1958, le trio abandonne le soutien de la contrebasse pour le trombone à valves de Bob Brookmeyer. Puis, en 1961, c'est la création du trio avec le bassiste Steve Swallow - pas encore passé à la basse électrique - et le pianiste Paul Bley. Par la recherche sur une musique sans grille harmonique ou tempo préétabli, le trio deviendra une référence du free jazz naissant. Dans ces trois formations, Giuffre fait entendre un son velouté, une manière sereine d'aborder la musique, même dans les débordements de certaines parties solistes. Un pied dans le jazz, dont il connaît parfaitement l'histoire, un pied dans la musique classique européenne du XIXe siècle.

Le succès public n'est pas au rendez-vous et, en 1963, Giuffre, Bley et Swallow jettent l'éponge. Giuffre débute alors une carrière d'enseignant, à la New York University puis au New England Conservatory of Music de Boston, où il restera jusqu'au début des années 1990. A partir du début des années 1970, il revient de temps à autre à la scène et au disque. Esprit curieux, il s'intéresse aux musiques orientales, au jazz-rock, à l'apport d'instruments électroniques - en particulier avec le joueur de synthétiseurs Pete Levin. A la clarinette, son instrument privilégié, s'ajoutent la famille des saxophones (soprano, ténor, baryton) et la flûte.

C'est à la fin des années 1980 que Giuffre est "redécouvert", en particulier en France. Il s'est lié d'amitié avec le saxophoniste et clarinettiste marseillais André Jaume, qui a suivi ses cours à Boston, et le producteur de disques Jean-Jacques Pussiau lui permet de remonter le trio avec Bley et Swallow en 1989. Dans plusieurs festivals, on peut alors croiser la silhouette du petit homme aux cheveux blancs, le regard vif, semblant écouter la musique à venir.

En 2000 paraît un recueil d'entretiens avec le journaliste Philippe Carles et d'improvisations avec André Jaume, Talks & Plays (CELP-Harmonia Mundi), dorénavant une sorte de testament. Pour entendre la voix de Giuffre, ce chant d'allégresse, il faut fouiller les bacs des disquaires et espérer une réédition rapide.

 

Sources : AFP 24 avril 2008 / LE MONDE 07.05.08

voir aussi  http://fr.wikipedia.org/wiki/Jimmy_Giuffre

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