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Treujenn Gaol

NANO PEYLET (Clarinettiste du groupe Bratsch)

22 Mars 2006 , Rédigé par Yvonig Publié dans #Clarinettes du Monde

Vous êtes clarinettiste ? Vous ne connaissez pas encore Bratsch ? Alors voici quelques infos : c’est un groupe à écouter de toute urgence ! Je suis fan : clarinette tzigane, rom, nomade…que de la bonne musique !
 
Après plus d’un quart de siècle d’existence, la formation Bratsch poursuit toujours son exploration musicale à travers les différentes traditions européennes, mais aussi du reste du monde. Fondée en 1975 par le guitariste Dan Gharibian et le violoniste Bruno Girard, le groupe marie à l’origine de nombreuses influences, empruntant aussi bien à la musique arabe que sud-américaine. En 1976, l’ensemble lance un premier 33 tours qui s’intitule Musique de partout. La formation se tourne ensuite rapidement vers la musique gitane et les répertoires d’Europe centrale. De famille arménienne, Dan Gharibian connaissait bien les traditions musicales de cette région et était fasciné depuis l’âge de 14 ans par le guitariste Django Reinhardt. Sans vouloir par ailleurs s’arrêter aux chansons traditionnelles, le groupe choisit plutôt de s’en inspirer et de créer ses propres compositions. Au cours des 10 premières années, l’ensemble accueille trois nouveaux musiciens : Pierre Jacquet à la contrebasse, François Castiello à l'accordéon, puis Nano Peylet à la clarinette. Multipliant les enregistrements et les tournées à travers le continent, la formation acquiert peu à peu sa renommée internationale. Elle sera également mise en nomination à plusieurs reprises aux Victoires de la Musique, en France.
 
NANO PEYLET (Clarinettiste du groupe Bratsch) est le seul musicien du groupe qui ait une formation classique de conservatoire et qui ait joué Mozart à la clarinette. Il est le seul membre du groupe à avoir appris son instrument au Conservatoire, où il fut entre autres l’élève de Jacques Di Donato. Parallèlement, il co-fonda le groupe de free-jazz Arcane V qui tourna pendant 6 à 7 ans, joua au sein de Bekummernis, le big band de Luc le Masne. C’est là qu’il rencontra Bruno qui l’entraîna à son tour vers la caravane Bratsch. Il joue régulièrement en duo avec le pianiste Denis Cuniot des musiques d’inspiration klezmer comme Giora Feidman et Dave Tarras. Il apprécie tout autant le jeu de clarinettistes jazzmen comme Michel Portal ou Jimmy Giuffre.
 
Ce groupe Bratsch, dont le nom est emprunté au bratsche (alto), l'instrument rythmique des orchestres tsiganes, est né en 75 de la rencontre de Dan Gharibian (bouzouki, guitare et chant) et de Bruno Girard (violon et chant). Ensemble, ils publient un premier album, aujourd'hui épuisé, Musique de partout.
 
Rejoints en 77 par Pierre Jacquet à la double basse, ils enregistrent en 78 " J'aime un voyou maman ", autre album également collector.
 
En 81 paraît " Live à la Potinière " (épuisé aussi) et surtout les arrivées successives de François Castiello à l'accordéon et au chant en 85, et de Nano Peylet à la clarinette et au chant en 86, pour que la famille soit enfin réunie.
 
Car il s'agit bien d'une famille de coeur et d'esprit, en avance déjà sur l'état d'esprit qu'imposeront avec plus de virulence et de décibels les groupes rock alternatifs de l'époque.
 
Auto-gestionnaires et égalitaristes, ils ont enregistré une douzaine d'albums dont une moitié sur leur propre label créé à la fin des années 80 (Niglo distribué en France par Socadisc), monté leur structure de tourneur et décidé de partager leurs cachets selon la règle toute simple de la division, éclairagiste et sonorisateur compris.
 
Mais dans ce groupe chacun a sa place. Chacun approfondit les possibilités de son instrument, plutôt que de vouloir jouer les hommes orchestre.
 
Devenus virtuoses, ils savent décliner une palette impressionnante d'émotions, de sentiments fugaces ou profonds.
 
Est-ce cet état d'esprit qui déteint sur leur musique ou l'inverse, nul ne le sait vraiment.
 
Pour Jean Trouillet, l'un des deux responsables du label Network qui a produit Nomades en Vol "ce sont de véritables anarchistes ! " clame-t-il, dans le meilleur sens du terme.
 
Ils n'ont pas de frontières, pas de limites et ont su élaborer un processus créatif et social qui les conduit à parler d'une voix. Pas de façon doctrinaire, mais simplement parce qu'ils pensent la même chose, vivent la même chose. C'est un groupe que nous aimons furieusement.
 
Alors, musiques de l'Est, klezmer, jazz, roms, ou même d'Asie mineure ? Les 5, serait-on tenté de dire, s'il suffisait d'épingler des étiquettes pour qualifier leurs compositions empreintes de traditions.
 
Les Bratsch n'ont que faire des dogmes et encore moins du pseudo renouveau des musiques qu'ils partagent avec leurs publics. Eux préfèrent parler de continuité, de musiques populaires vivantes en perpétuelle évolution ou pour satisfaire aux conventions des idéologues du rythme " de musiques pré-traditionnelles ".
 
" Nous jouons la musique qui sera demain considérée par les musicologues comme une forme de musique traditionnelle " expliquent-ils dans un livret fort bien documenté.
 
Même les différentes influences qu'ils partagent au sein du groupe quoique tous originaires de la région parisienne ou du Limousin, s'inscrivent dans ce cheminement, car en Europe de l'Est comme partout dans le monde, il n'y a que des musicologues obtus pour imaginer que les musiciens des différents peuples qui composent les entités nationales ne soient jamais mélangés.
 
Les Bratsch n'ont rien inventé, juste donné un nouvel éclairage à des pratiques millénaires, ravivé cet art convivial de la musique comme il était pratiqué dans les bars de Sébastopol, Bucarest ou Erevan, et que le marketing voudrait aujourd'hui gommer par souci de simplification.
 
" Musiques rêvées, musiques imaginaires " comme ils les qualifient eux-mêmes, ces musiques du voyage sont à découvrir au fil de deux CD : le premier couvre les années 88 à 94, tandis que le second prend le relais pour nous amener jusqu'à nos jours.
 
Un beau voyage à travers le temps et un chemin unique aux multiples senteurs où il fait bon flâner en compagnie de ces hommes libres.
 
(Sources : d'après Squaaly - Nomades en vol - Network, Harmonia Mundi 2003)
 
Discographie :
* Ça s'fête 2004  
* La vie, la mort, tout ça... 2001 
* On a rendez- vous 1999
* Rien dans les poches 1998    
* Écoute ça chérie   1996 
* Correspondances      1994 
* Sans domicile fixe         1990
*Transports en commun      1992 
*Notes de voyages           1989
 
 
Pour plus d'infos sur leur biographie, prochains concerts et CD, voir leur site : http://www.bratsch.com
 

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