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Treujenn Gaol

UNU DAOU TRI CHTAR

21 Avril 2006 , Rédigé par Yvonig

 Sortie chez INNACOR du disque UNU DAOU TRI CHTAR prévue aujourd’hui (le 21 avril 2006) ref: INNA20261
  
Erik Marchand chant
Costica Olan taragot
Jacky Molard violon
Viorel Tajkuna accordéon
Unu = un en roumain (prononcer ounou), daou = deux en breton, tri = trois en serbe et en breton, chtar = quatre en rom et s’écrit plutôt star ou ştar.
 
 1 2 3 4 c’est le début chuchoté de bien des morceaux mais dans quatre des langues pratiquées par les musiciens de ce quartet : Erik Marchand, de Poullaouen et sans doute d’ailleurs est chanteur, en breton le plus souvent et voyageur; Costica Olan est taragotiste et saxophoniste soprano (deux instruments cousins) sa langue familiale est le rom et, dans les autres circonstances, le roumain; Viorel Tajkuna (prononcer taycouna) appartient à la minorité rom du Banat de Serbie, c’est à dire qu’il est trilingue mais surtout accordéoniste et organiste pour les noces au pays. Jacky Molard, gallo de Saint Malo est venu depuis longtemps habiter à Spezet dans la Cornouaille, il compose, arrange, et joue du violon dans bon nombre de langues.
 
 Les quatre musiciens se sont rencontrés à l’initiative d’Erik au sein du grand orchestre pluri culturel «les Balkaniks». Dans cet album ,ils présentent des thèmes et des chansons qui en majeure partie sont des hommages à d’autres artistes qui ont marqué leur sensibilité musicale : Marcel Budala, Gabi Luncă et Ion Onoriu de Bucarest, Mariana Drăghicescu de Timişoara, les frères Ştefaneti de Moldavie, …Jacques Brel et d’autres
 
Le répertoire de cette formation utilise des compositions des quatre artistes: des pièces qui quoique modernes sont inscrites dans la culture de chacun d'entre eux - bretonne, tsigane, serbe, roumaine- et qui dans le même temps sont représentatives de leur ouvertrure. D'autres thèmes sont issus du répertoire de chanteurs célèbres de Bucarest ou de Timişoara voire d'Europe de l'ouest. L'un des intérêts de cette formation est la forte personnalité musicale de chacun des interprètes.
 
Des commentaires personnels suivront dès la sortie de l’album
Plus d’infos, reportage vidéo et Extraits en mp3 http://innacor.free.fr/INNACOM/1234.html
 
 
Erik Marchand, Chanteur POPULAIRE …ET CLARINETTISTE
Article et Interview  parue le 10/01/2006 dans Le Mag’ du Télégramme
 
Qu’est-ce qu’un chanteur populaire ? Un séducteur qui pose sa voix caressante sur des arrangements dans l’air du temps ? C’est une réponse possible. Erik Marchand en offre une autre, diamétralement opposée. Son chant à lui est populaire dans la mesure où il est l’expression d’une culture enracinée : celle de Bretagne et plus particulièrement du centre-Bretagne. Le moustachu à casquette a appris à le maîtriser auprès du regretté Manu Kerjean qui avait accepté de le guider.
Depuis, Erik Marchand n’a cessé de défendre, promouvoir et prolonger ce legs en l’enrichissant de rencontres parfois insolites, voire déroutantes, mais toujours assumées.« J’aime faire des choses différentes, je crois que c’est ma couleur principale », sourit l’artiste.

Une trentaine d’albums

Les multiples balises qui marquent son parcours en attestent. Sans tout citer, rappelons que, depuis le milieu des années 70 où il a commencé à écumer les festoù-noz avec son compère Yann-Fañch Kemener, il a participé activement à l’élargissement du champ d’expression de la musique bretonne. Une trentaine d’albums (dont une demi-douzaine a reçu un Grand Prix de l’Académie Charles Cros) l’illustrent. A côté d’anthologies et de compilations figurent ceux qu’Erik Marchand a enregistrés au sein du groupe Gwerz, avec le Quintet Clarinettes (il joue aussi de cet instrument - ou plutôt de la treujenn gaol comme disent les sonneurs du Kreiz Breizh), avec Thierry Robin, la Celtic Procession de Jacques Pellen...

Unu, daou, tri, chtar

Infatigable voyageur hors des sentiers battus (il parle français, breton, anglais, roumain, romani, serbe), Erik Marchand a également enregistré avec des représentants d’autres cultures populaires : les Roumains du Taraf de Carancebes, l’orchestre international Les Balkaniks ainsi que des gardiens de riches traditions vocales sardes, albanais, galiciens ou maliens pour son album « Kan ».
« Before Bach avec le rockeur Rodolphe Burger est sorti en 2005. La nouvelle année va voir l’inlassable explorateur augmenter sa discographie de trois opus. Le premier sortira sur un label qu’il vient de fonder avec Jacky Molard et Bertrand Dupont qui s’appelle Innacor. Son objectif ? Etre le Haut-parleur des cultures de Bretagne et du monde ». Le premier disque d’Innacor vient de sortir. Il est consacré au Turc Hasan Yarimdünia. En avril sortira l’album d’« Unu, daou, tri, chtar ». Le quartet réunit les Bretons Erik Marchand (chant), Jacky Molard (violon, alto, contrebasse), le joueur roumain de taragot Costica Olan et l’accordéoniste serbe Viorel Tajnuka.

Kreiz Breizh Akademi

Norkst devrait également enregistrer cette année. C’est le nom de l’orchestre issu de la Kreiz Breizh Akademi qu’a fondée Erik Marchand et dont il est le directeur artistique. Norkst se livre à des recherches passionnantes et novatrices sur la modalité et la musique bretonne. Enfin, le chanteur planche sur un album qu’il consacrerait en fin d’année à l’illustration musicale du livre du poète Henri Michaux « Voyage en Grande Garabagne ».

 

 



 

« On utilise le mot tradition quand on a peur du mot culture »

 

 

En quoi consiste la création «Dañs Dro» que vous allez présenter avec Yann-Fañch Kemener, un batteur et un bassiste au festival Taol Kurun de Quimperlé ?
Comme son nom l’indique, c’est un spectacle destiné à faire danser les gens. L’idée est de faire se rencontrer deux systèmes rythmiques : celui du kan ha diskan* avec celui d’une section basse-batterie, sans autre instrument mélodique que le chant. J’y retrouve mon vieux complice Jean-François Quéméner (Yann-Fañch Kemener). Le bassiste est Etienne Callac. C’est un musicien de jazz qui a de fréquents contacts avec la musique bretonne. Le batteur Mokhtar Samba est un jazzman marocain d’origine sénégalaise basé à Paris. Habitué à la musique du Maghreb, il a la pratique des micro-rythmiques que l’on retrouve aussi dans le kan ha diskan. C’est intéressant de jouer avec un batteur capable de saisir ces propositions rythmiques et de les développer.

Cela va-t-il donner un son très tribal ?
Oui, ça va sonner (rires) !

Quels types de danses interpréterez-vous ?
Toutes les danses du kan ha diskan : plinn, fisel, gavottes ainsi que quelques thèmes à écouter du répertoire centre-breton, notamment issus du répertoire de Jean Poder. Mais l’ensemble reste axé sur la musique de danse. Dès le mardi suivant, on vous retrouvera dans un univers très différent : celui né de votre collaboration avec Rodolphe Burger, une figure emblématique du rock dit atmosphérique.

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de jouer ensemble ?
Notre première rencontre remonte au Festival Panoramas de Morlaix en 2003. Rodolphe Burger avait fait savoir qu’il souhaitait rencontrer des musiciens de la région, tous styles confondus. Joran Le Corre de Panoramas m’a demandé si j’étais intéressé. Malheureusement on ne peut pas tout connaître et à l’époque je ne savais rien de sa musique. Alors j’ai appelé des collègues plus spécialistes en rock. Ils m’ont dit, Rodolphe Burger, fondateur du groupe Kat Onoma, c’est quelqu’un de très intéressant, maximum respect ! Donc je suis allé à la répétition en apportant un morceau que j’avais d’ailleurs composé pour un accordéoniste serbe qui joue avec moi dans d’autres formations.
Avec Rodolphe, on a joué ce morceau à Morlaix qui a eu l’heur de plaire au public et aux professionnels présents au théâtre. Le directeur du Quartz de Brest nous a proposé de poursuivre l’expérience et de faire une création chez lui. On l’a préparée en résidence dans la ferme de Rodolphe Burger dans les Vosges. Comme elle possède un studio, ça nous a permis d’enregistrer en même temps qu’on répétait et de construire les choses qui ont donné le disque «Before Bach» sorti en mars dernier.

Comment avez-vous élaboré un répertoire commun ?
A l’expérimentation (rires). J’ai écouté presque tous les disques de Burger, lui a écouté des choses de ma part dans le but de repérer les points de convergence. J’ai aussi apporté d’autres formes musicales que j’ai déjà pu pratiquer : de Grèce du nord, de Roumanie, de Bulgarie... La part bretonne tient essentiellement dans la langue et la technique de voix que j’utilise. Il y a également des airs traditionnels - un terme que je n’aime pas beaucoup - comme le blues de Poullaouën.
A partir de tout cela, avec les trois autres musiciens, on a cherché des ponts, des couleurs rythmiques et musicales. Participaient également les batteur et bassiste du Météor Band - le groupe régulier de Rodolphe -, ainsi que le joueur de oud électrique Mehdi Haddab. On expérimentait tout le temps ensemble, chacun générant de la dynamique pour les autres. Puis on a systématisé les morceaux qu’on gardait et les arrangements. J’ai refait quelques voix pour que ce soit plus propre. Cela a donné le disque et le répertoire des concerts.

Comment réagit le public à une telle fusion ?
Que ce soit au festival Art Rock de Saint-Brieuc ou aux Vieilles Charrues de Carhaix, on a eu un très bon accueil. Ce ne sont pas des morceaux spécialement faits pour les amateurs de rock ou pour ceux de musique bretonne. Ils sont plus marqués dans l’expression humaine que dans une couleur culturelle et c’est ce qui semble plaire à pas mal de gens.

Vous avez pratiqué beaucoup de fusions, tant avec des musiciens bretons que roumains, serbes, turcs et bien d’autres. Alors pour vous, qu’est-ce qu’une fusion musicale réussie ?
C’est une fusion dans laquelle tous les musiciens qui jouent trouvent un espace de liberté tout en pouvant jouer comme ils en ont l’habitude dans leur forme courante, « traditionnelle ». Si chacun ne peut s’exprimer librement, ça sent le collage et c’est raté. Il faut parvenir à trouver des formes musicales communes. C’est pour ça que ce sont plutôt des rencontres d’individus que des rencontres proprement culturelles.
Un musicien comme Costica Olan, joueur de taragot du Taraf de Carancebes, utilise des formes rythmiques de contretemps propres à la région roumaine du Banat. Or elles sont très proches de celles que je pratique en musique bretonne. A partir de là, on arrive à trouver des interprétations communes parce qu’on a le même entendement de la ligne mélodique. Mais ça ne veut pas dire que ça fonctionnerait entre n’importe quel chanteur breton et n’importe quel joueur de taragot roumain. Ce sont d’abord des rencontres d’individus.

Vous dîtes ne pas aimer l’adjectif traditionnel. Comment qualifiez-vous votre musique ?
J’appelle ça de la musique populaire. Le mot traditionnel ne me dérange que s’il se réfère à des formes figées. Et puis je pense qu’on utilise le mot tradition quand on a peur d’utiliser celui de culture. Moi je parle sans honte de culture et de musique populaires. Je préfère également parler de thèmes locaux plutôt que de thèmes traditionnels. Parce qu’il y a des thèmes locaux qui sont récents, comme celui que j’utilise en clin d’œil dans le morceau « Before Bach ». Il a été composé pour la rencontre avec Burger en adoptant une gamme qui était utilisée par un chanteur de Poullaouën. J’en ai fait un kaz ha bar qui aurait pu être tout à fait «traditionnel » parce qu’il est composé dans une forme locale.

*Kan ha diskan : chant breton à danser interprété en couple a capella.

 

 

Propos recueillis Frédéric Jambon - 10/01/2006 Le Mag’ du Télégramme

 

Article complet à l’adresse suivante : http://www.letelegramme.com/gratuit/mag/art_327334.php

 

 

 

Le parcours d’Erik Marchand

 

 

Erik Marchand. Né à Paris d'une famille originaire de Quelneuc en pays gallo, il oscille dans son enfance entre un grand-père qui chante et un père qui joue de la guitare. Amateur de musiques du monde, il découvre, pendant son adolescence, un enregistrement de fest-noz que son père possède. Il se lance alors dans le collectage de chants traditionnels, en région de Rostrenen, en Centre Bretagne, souvent auprès de sa famille ou d'amis, lors de ses vacances. Il profite aussi de ses séjours pour apprendre le breton.

 

Il participe à un cercle celtique en jouant du biniou : "c'était pour moi une manière précise d'apprendre à connaître la musique bretonne". Il chante aussi en gallo, dans des festoù-noz de la capitale, avant de se lancer dans le kan ha diskan (chant et dé-chant) avec Erik Salaün et Yves Castel. C'est à l'âge de dix-huit ans qu'il découvre dans un fest-noz à Paris la voix de Manuel Kerjean. Fasciné par l'expression et les subtilités de cette voix, il se décide à le rencontrer, pour apprendre auprès de lui la technique du chant traditionnel breton.

 

C'est alors qu'Erik Marchand quitte Paris pour Rostrenen. Il commence à rencontrer régulièrement Manuel et à apprendre auprès de lui, à la fois le chant et aussi la culture et la langue bretonnes. En 1975, il s'établit définitivement en Bretagne pour y travailler et y chanter. Quelques mois après, il monte pour la première fois sur scène avec Manuel Kerjean... Ils ont fêté en 1995 leurs vingt ans de scène commune.

 

En même temps qu'il apprend le chant, Erik continue à jouer de la clarinette bretonne (Treujenn Gaol) et s'investit dans l'apprentissage de la gwerz (complainte dramatique traditionnelle). En 1976, il travaille à Dastum, pour classer et répertorier des enregistrements. Il y découvre la voix de Madame Bertrand et les superbes mélodies de ses gwerzioù. Il entend un nouveau répertoire, qui le passionne, et à son tour se met à l'interpréter. Ce répertoire disparaissait progressivement depuis 1970...

 

Il décide alors de passer professionnel.

 

En dehors des fêtes de nuit qu'il anime, souvent avec Manuel Kerjean, Marcel Guilloux, il enregistre pour Armen / Le Chasse-Marée, une partie de l'Anthologie de Chants de Marins (volume II, III, IV, VIII) et de Chants de bateliers jusqu'en 1985. Il participe aussi à la création d'un Trio avec Gilbert Bourdin et Christian Dautel, avec qui il signe deux disques, Chants à Danser de Haute-Bretagne (Dastum, 1982) et Chants à Répondre de Haute Bretagne (Le Chasse-Marée, 1985).

 

Il participe à la fondation du groupe Gwerz, dont le premier album Gwerz, Nouvelle Musique de Bretagne sort en 1985, suivi trois ans plus tard par Au-delà (Grand Prix de l'Académie Charles Cros), et enfin de Gwerz Live.

 

En 1988, il rencontre Thierry Robin avec qui il entame un travail d'analyse et de repérage musicaux du Centre Bretagne, qui s'avère très proche des musiques orientales. Ce travail fera aussi l'objet de deux disques. Le premier, un duo : « An Henchoù Treuz », obtient le Prix de l'Académie Charles Cros. Le deuxième, « An Tri Breur » (Les Trois Frères) réunit en trio les deux compères et Keyvan Cheminari. Le Trio Erik Marchand, ainsi formé, invite entre autres Yann-Fañch Kemener à venir partager l'expérience musicale.

 

Mais il n'en oublie pas pour autant la clarinette, participe à deux compilations de sonneurs de clarinette (chez Le Chasse-Marée) et signe aussi deux disques avec le Quintet de Clarinettes, fondé par Michel Aumont et dont il est membre.

 

Sa passion pour les musiques traditionnelles l'invite à s'intéresser rapidement au cas de la Roumanie et de ses Tarafs. Il apprend le roumain et entreprend le voyage dans la région du Banat. Depuis, il séjourne plusieurs mois par an dans cette région. Lors du festival de clarinette à Glomel, il invite Le Taraf de Caransebes, avec qui il fait un disque, « Sag An Tan Ell », mélangeant sons bretons et sons roumains, aux influences serbes. Puis ils produisent ensemble un nouvel opus, DOR+.

 

Mais Erik Marchand ne s'arrête pas à l'interprétation musicale, il co-fonde et dirige le label Gwerz Pladenn (édition Coop Breizh), sur lequel il enregistre certains de ces disques. Il produit aussi des disques de musiques tziganes et roumaines, devient conseiller artistique sur d'autres disques. Enfin, il participe à l'effort de promotion des musiques traditionnelles roumaines.

 

Erik Marchand participe également à la Celtic Procession de Jacques Pellen, aux côtés d'Annie Ebrel, Riccardo Del Fra, Les Frères Guichen...

 

 

Informations sur Erik Marchand recueillies par Gérard Tourtrol (radio France) lors d’une émission du jeudi 10 février 2005 à l'occasion de la sortie  de l’ album, "Pruna"

 

 

 

Plus d’infos et vidéo live sur http://www.tv5.org/TV5Site/musique/mondomix.php?id_artiste=782

 

Et http://www.erik-marchand.com/ 

 

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