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Treujenn Gaol

CD : Sonneurs de clarinette en Bretagne

5 Octobre 2005 , Rédigé par Yvonig Publié dans #A écouter

Vous êtes débutant à la clarinette bretonne ou tout simplement souhaitez vous faire une idée de la Treujenn Gaol ? Alors il faut absolument écouter ce disque.

Vous pouvez vous le procurer chez votre disquaire préféré.

Dans cette page , j'ai simplement repris les textes parus avec le premier 33 tour (édité avant le CD) et malheureusement assez difficile à trouver. Mais le CD est très bien.

CD : Sonneurs de clarinette en Bretagne
Anthologie des chants et musiques de Bretagne / Volume 3
La treujenn-gaol : une tradition vivante !
 
Familière des orchestres classiques, des harmonies et des formations de jazz, la clarinette est aussi un instrument populaire.
 
Dès le milieu du XIXe siècle, la treujenn-gaol, (le tronc de chou en gallo) est adoptée par les musi­ciens traditionnels tant en haute qu’en basse Bretagne : dans le centre Bretagne, près de deux cents sonneurs, qui animaient les noces entre 1880 et 1950, ont été répertoriés !
 
Pourtant très peu de documents ont été publiés sur l’implantation de la clarinette en Bretagne. Ni les folkloristes du XIXe siècle, ni le mouvement breton de ce siècle ne s’y sont intéressés. Le renouveau des années 1970, qui a remis à l’honneur en Bretagne l’accordéon diatonique, puis vers 1980 le violon et la vielle, autres instruments laissés pour compte, n’a redécouvert la clarinette que bien  tardi­vement : la première étude sur ce sujet est due à Patrick Malrieu dans le Cahier Dastum n°5 (1978) consacré au Pays fanch.
 
Depuis, un bilan complet a été dressé, montrant l’ampleur et l’originalité de cette tradition de clari­nette, grâce au travail d’archives et aux enquêtes de terrain effectués par l’équipe qui a réalisé ensuite, en 1986, le double album 33 t. Sonneurs de clarinette en Bretagne (coproduction ArMen-Dastum), dont ce disque compact est pour l’essentiel la réédition. Ce disque, comprenant un livret intérieur de 18 pages très illustré, a servi de référence et a contribué à redynamiser la tradition, tant auprès des anciens que des jeunes sonneurs. Les musiciens traditionnels présentés ont démontré la richesse et la diversité des styles de jeu de clarinette. De nombreux groupes utilisent aujourd’hui la treujenn-gaol, notamment le Quintet clarinettes et l’ensemble Klik ha Farz et de nombreuses forma­tions de fest-noz.
 
Hélas, depuis la publication du double album en 1986, deux sonneurs prestigieux, maîtrisant pleine­ment leur art, nous ont quitté : Iwan Thomas, de Peumerit-Quintin, et Arsène Cozlin de Kergrist-Moëlou. Nous leur dédions ce disque.
 
Les sonneurs de clarinette ont formé l’association Paotred an Dreujenn-Gaol. Ils participent à la transmission de la tradition en formant de nouveaux sonneurs, en présentant une exposition de pho­tos, en intervenant dans les stages, les classes du patrimoine, et en animant noces et fêtes, tant en centre Bretagne qu’ailleurs.
 
Enfin, depuis 1989, Paotred an Dreujenn-Gaol invite des clarinettistes du monde entier à participer à la « Rencontre internationale de la clarinette populaire », qui a lieu chaque mois de mai en centre Bretagne. Glomel et Berrien ont vu défiler des clarinettistes de jazz, ainsi que des musiciens tradi­tionnels de Bulgarie, Turquie, Brésil, Italie, Madagascar...
 
Histoire de la clarinette en Bretagne
 
Apparue à la fin du XVIIe siècle, la clarinette ne s’est véritablement diffusée qu’à partir des années 1750. Aucun document, à notre connaissance, ne mentionne son utilisation en Bretagne avant la Révolution, et il est actuellement difficile de savoir si une pratique populaire existait avant les années 1830.
 
Les érudits du XIXe siècle, surtout curieux de culture celtique, ont rarement noté son emploi : ils voyaient probablement en elle un vecteur de modernisme incapable de préserver le caractère spécifi­quement breton de la musique traditionnelle.
 
Si les formations de type « musique militaire » ont contribué à l’introduction de l’instrument en Bre­tagne, la façon dont s’est effectuée son intégration dans la musique traditionnelle reste difficile à cer­ner à l’heure actuelle. Il semble que la plupart de ces musiciens d’harmonies se soient tenus à l’écart des réjouissances paysannes et ne soient pas devenus animateurs de noces.
 
Le succès populaire incontestable, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, de cet instrument « moderne » en haute Cornouaille est plus surprenant ; l’isolement de cette région l’ayant amenée à conserver plus longtemps que d’autres un fonds ancien de danses et de mélodies.
 
Preuve de l’intégration populaire de la clarinette à la fin du XIXe siècle, on lui donne un nom dans les différents parlers locaux, tous basés sur la même comparaison : treujenn-gaol (littéralement « tronc de chou ») en haute Cornouaille, tron d’chou dans le Mené et les pays de Vitré et Fougères.
 
 
Aire de jeu
 
Au début du siècle, la clarinette est en usage à l’est de l’Ille-et-Vilaine (Pays de Vitré et Fougères), dans le Pays bigouden (où son implantation est encore faible), et semble être connue en Loire-Atlantique. Le Morbihan est le seul département où aucune trace de clarinette n’a pour l’instant été retrouvée.
 
Mais elle est surtout bien implantée dans le centre Bretagne : à l’ouest et au sud du Trégor, en haute Cornouaille, et dans les pays de Loudéac et du Mené.
 
La treujenn-gaol a également réussi à s’allier aux instruments déjà en usage dans le Trégor et le cen­tre Bretagne, provoquant des formations originales : clarinette-biniou-tambour, clarinette-vielle...
 
Le centre Bretagne, pays de clarinette
 
De mémoire d’homme, en centre Bretagne, on a toujours connu la treujenn-gaol, qui est l’instrument privilégié de toutes les réjouissances dès la deuxième moitié du XIXe siècle.
 
Ce véritable « Pays de clarinette » comprend aussi bien des régions de basse Bretagne (haute Cornouaille, Trégor...) que des Pays de haute Bretagne (Mené...). Il s’étend sur tout le sud et l’ouest du département des Côtes-d’Armor. La limite sud suit à peu près la route Carhaix-Loudéac, et la route Huelgoat-Morlaix marque la limite ouest. A l’est la zone s’arrête vers Collinée et Laurenan. La fron­tière nord de ce « Pays de clarinette » suit une ligne reliant les communes de Plestin-Les-Grèves, Pluzunet, Guingamp, Quintin, Collinée.
 
Le succès de la treujenn-gaol s’explique peut-être par sa facilité à imiter la technique particulière de chant à danser dite kan ha diskan, spécifique à la haute Cornouaille. A l’exemple des chanteurs, les sonneurs jouent généralement par paire, les deux sonneurs se répondant. Parfois, un joueur de tam­bour se rajoute aux treujenn-gaol pour les grandes occasions. Ce lien avec le kan ha diskan n’est toutefois pas général : à l’ouest du Trégor, où cette forme de chant n’existe pas, les clarinettes jouent également en duo.
 
Dans l’entre-deux-guerres, la treujenn-gaol est toujours bien vivante en Pays fisel, fanch et dans le nord des Pays de gavotte. Elle gagne même du terrain et concurrence la tradition des couples de biniou-bombarde implantée plus au sud : Glomel, Mellionnec et Plélauff ont leurs sonneurs de treujenn-gaol après 1930.
 
La pratique de l’instrument progresse même fortement : on assiste à une profusion de sonneurs, du semi-professionnel au « petit joueur ». Les dansoù mod kozh (anciennes danses) sont toujours jouées, mais les sonneurs ont su intégrer à leur répertoire quelques danses nouvelles (polkas, mazur­kas) dont ils transforment les mélodies en leur donnant une forte empreinte locale.
 
Après la Seconde Guerre mondiale, la tradition instrumentale se maintient grâce à la vitalité de la pratique des danses fisel et fanch.
 
La plupart des animateurs de bals de l’époque ont commencé par jouer de la treujenn-gaol. Elle est utilisée dans les cortèges de noces, soit en duo selon l’ancienne tradition, soit en couple « clarinette-accordéon chromatique ».
 
Aujourd’hui, il n’est pas rare de voir des sonneurs de clarinette participer à des noces, et le renou­veau de la tradition leur a fait prendre une place de choix dans les pardons, fêtes locales et festoù-noz.
 
Instruments et styles de jeu
 
Les sonneurs traditionnels ont adopté les instruments que l’on pouvait acheter. Le type le plus répandu dans toute la haute Cornouaille et le sud du Trégor est une clarinette en si bémol à treize clefs (système I. Müller), en ébène, avec parfois deux anneaux mobiles sur le corps inférieur. Cet instrument, appelé « clarinette demi-Boehm », est celui qu’utilisent la plupart des musiciens de ce disque.
 
En haute Cornouaille et dans le Pays gallo voisin (de Corlay à Collinée), les sonneurs traditionnels en activité, encore nombreux, ont conservé des styles de jeu anciens et originaux. Cette tradition s’est transmise, et les musiciens actuels la perpétuent. Par contre, en Pays de Fougères et de Vitré, ainsi qu’en Trégor, le style a dû être réinventé à partir de documents écrits, ou de celui des autres instru­ments pratiqués.
 
Les gammes utilisées
 
Tous les sonneurs de tradition que nous avons rencontrés jouent à l’aigu, la clef de douzième conti­nuellement ouverte. Pour quelques rares airs, la première note se fait avec la clef de douze fermée, le reste de la phrase est joué clef ouverte (X3, Y4). Les seules autres clefs utilisées sont celles donnant le la et le si bémol (notes réelles et non notes « doigté »).
 
Les sonneurs ont un doigté progressif (celui du pipeau) qui, sans aménagement, donnerait un premier tétracorde : si bémol-do-ré-mi bécarre. En coinçant les deux anneaux et la clef du corps du bas (lorsque ces anneaux et clefs n’existent pas, la tierce est neutre « d’usine »), on obtient un mi inter­médiaire entre le mi bécarre et le mi bémol. De même, le la et le si bémol aigus sont joués plus graves qu’au sein du système tempéré égal (instrument, pince, ou colonne d’air ?).
 
Cette échelle permet de jouer dans deux gammes :
- avec une tonique en si bémol, on obtient une gamme proche de celle du do majeur, mais avec une quarte haute (« demi-augmentée ») ;
- en utilisant le do comme tonique, on obtient une tierce, une sixte et une septième aiguës dites « neutres » ou « médianes » (mi demi-bémol = degré abaissé d’un quart de ton, la demi-bémol, si demi-bémol).
 
Effet d’un bienveillant hasard ou système modal spécifique, ces gammes sont très proches de celles utilisées par les chanteurs de la même région.
 
Sur un enregistrement, M. Joncourt, sonneurs de Carnoët (cf. n°22) utilise le ré comme tonique, et donc une seconde médiane (mi demi-bémol).
 
Ces gammes sont, avec le timbre spécifique de la treujenn-gaol, la marque de la musique des son­neurs du centre Bretagne, qui déclarent facilement qu’il leur est impossible de s’accorder avec la clarinette « jazz » moderne dont ils trouvent la gamme trop fade.
 
Les ornementations
 
Les ornementations font partie du style de chaque sonneur. Il est bien rare que celui-ci sache expli­quer sa technique personnelle : en effet, l’apprentissage s’est exercé par imitation d’un aîné, le but étant de reproduire sa sonorité. Finalement, c’est l’oreille qui guide, et l’inconscient qui transmet aux doigts et à la langue les mouvements voulus. Chaque sonneur trouve un équilibre dans son jeu : ce n’est pas la quantité des ornementations, mais leur à-propos qui fait la richesse et donne de l’efficacité pour faire danser.
 
 
Le jeu en duo
 
Les sonneurs de treujenn-gaol jouent le plus souvent en couple, selon des règles analogues à celles des chanteurs de kan ha diskan de haute Cornouaille.
 
Mais les sonneurs de clarinette assouplissent beaucoup ce schéma ; le deuxième sonneur double le premier souvent assez tôt, reprend avec lui une phrase entière. Parfois, au contraire, certaines phra­ses sont coupées en deux parties reprises par chaque sonneur. Chez les joueurs du Pays gallo (Mené), ces règles sont encore plus libres.
 
 
textes repris du 33T
 
Dominique Jouve, Christian Morvan, Dastum, PDG
 
Recherche et conception
 
 
Bibliographie
 
Livret du 33 t : Sonneurs de clarinette en Bretagne, ArMen-Dastum, 1986
ArMen n°2, Pier an Dall, le clarinettiste de Corlay
Articles de la revue Musique bretonne
 
Discographie
 
33 t : Sonneurs de clarinette en Bretagne, ArMen-Dastum, 1986 - livret
CD : Quintet clarinettes, Silex Y425001
Fête de la clarinette, K7 des 1ère et 2e Rencontres
Clarinette et anciennes danses populaires du Trégor, Chanteurs et musiciens de Bretagne, n°5, éd. Dastum.
 


Les sonneurs du disque
Iwan Thomas
 
Il mène sa première noce en 1934, à 14 ans. Il sonne pour les noces et pour toutes occasions. Il apprend l’accordéon diatonique et fait équipe avec son frère ; puis d’autres musiciens. Après guerre, il joue de la batterie au bal, mais garde toujours la clarinette en journée. La perfection du son, la puissance et la personnalité de son jeu font sa renommée. Virtuose, reconnu par tous comme « le meilleur », il ne cessera d’animer des noces jusqu’à la fin de sa vie en 1989.
 
1. Dans fanch an Danouët, 1985
2. Ton ar c’hezek, 1959 : airs des chevaux destiné à exiter les chevaux lors des courses qui avaient lieu le jour d’un mariage, avec Félix Guégan.
3. Dans fanch Guilherm Domaz, 1959 : avec Félix Guégan, dans plin en 3 parties, parfaitement adapté au jeu de la treujenn-gaol, appris de son oncle Guilherm Thomas qui le sonnait souvent avant 1914. Iwan passe avec beaucoup de maîtrise d’une cadence binaire à une cadence ter­naire à la troisième reprise... et termine par sa signature.
4. Ton kenavo, 1959 : air pour quitter la maison quand une jeune fille quitte la maison de ses parents, c’est une rupture importante dans le cours de sa vie : la treujenn-gaol va exprimer toute l’émotion de cet instant, au moment précis où la future mariée passe la porte.
5. Ton evid mond d’ar bourk, 1959 : avec Félix Guégan, marche enchaînée au Ton kenavo, cette marche sert à conduire la noce au bourg.
 
Denis Jouan
 
Sa jeunesse est bercée par la musique : celle de son père puis de son frère. Il prend des leçons de clarinette et de saxophone chaque semaine à Guingamp, puis à Saint-Brieuc. De 1948 à 1953, il mène une vie de bohème, c’est un professionnel au sein du « Baby Orchestra Kerpert » (150 bals et noces par an). Il sort la clarinette en journée pour les noces, et la clarinette et le saxophone le soir, accompagné par un accordéoniste et son frère à la batterie.
 
8. Bonom kozh, 1985 : avec Dominique Jouve, air pour mener le cortège à l’église
9. Ton If-Maï Jouan, 1992 : avec Yves Ermel, suite de dans plin et d’une dans fanch
10. Polka plin, 1992 : avec Yves Ermel, en haute Cornouaille, les chanteurs et sonneurs com­plétaient souvent la suite « dans tro - bal - dans tro » par des danses en couples (polka, ma­zurka, scottische) qui, généralement, ont eu le temps de fixer la couleur locale.
François Goubin
 
Né en 1904, Il a profondément marqué la vie musicale de la région de Corlay pendant plus de 50 ans. Il débute à 16 ans en jouant sur une bombarde que M. Taldir, menuisier à Saint-Gilles-Vieux-Marché, lui a fabriquée. Puis il apprend la clarinette et devient le successeur d’Alexis et Toussaint Jouan. A l’affût de la nouveauté, il joue de l’accordéon diatonique - puis chromati­que - en s’accompagnant d’un « jâze ». Entre-temps, il apprend la musique avec un musicien de Corlay avec qui il fonde un orchestre qui comprend jusqu’à 6 musiciens pour faire des noces la semaine et des bals le dimanche. Cela ne l’empêche pas de continuer son travail de maçon. Il est mort à Corlay en décembre 1985.
 
11. Tonioù eured Korle, 1976 : marches de noces apprises des frères Alexis et Toussaint Jouan, eux-mêmes héritiers directs du fameux Pier an Dall, la première se joue pour aller à la mairie, la seconde pour annoncer le repas, le dernier est connu comme  l’air des chevaux.
 
Zon Budès
 
De Maël-Carhaix, Il a travaillé aux carrières d’ardoise de Milin-Ar-Lann. Il achète sa clarinette à Saint-Brieuc en 1944, un instrument en ébène à 13 clefs. Il anime alors quelques noces avec Émile Puil puis s’associe avec Marcel Motreff, fonde le « Celtic Jazz » de Maël-Carhaix et anime de nombreux bals et mariages pendant les années d’après-guerre. En 1951, son orchestre « Les Papillons bleus » compte 4 musiciens, il ne s’arrêtera qu’en 1978. Pour les noces en journée, la bombarde remplace souvent la clarinette mais Zon sait bien qu’à Locarn, il faut sor­tir la treujenn-gaol et qu’il faut sonner lemm ha berr, des airs courts mais sur un air endiablé.
 
33. Ton eured, 1985 : avec Christian Duro, marche nuptiale sonnée dans tout le Pays fisel.
39. Dans fisel, 1985 : avec Christian Duro, pour soutenir la dans fisel, les sonneurs doivent « porter » les danseurs en ayant un style enlevé, rythmé et détaché, généralement intégré dans une suite comprenant deux rondes appelées dans-tro séparées par un bal.
40. Bal fisel, 1985 : avec Christian Duro
 
Auguste Quémener
 
Vers 1920, à 16 ans, il devient le compère du « vieux » Mathieu Moullec de Locarn qui  n’a que 12 ans de plus que lui. Celui-ci a la réputation de posséder un très bon coup de langue et de très bien sonner les dansoù mod kozh. Il sonne aussi avec Maï Jégou qui lui procure sa cla­rinette, instrument ayant appartenu à Iwan Berthout, vieux sabotier de Kergrist. Il sonne ainsi jusqu’en 1939 mais par la suite, son travail de commis de ferme, puis de cultivateur, lui laisse peu de répit et il doit arrêter la musique. il prend sa retraite en 1977 à Locarn où Émile Puil vient le chercher pour sonner à nouveau et depuis il ne manque aucune occasion de jouer !
 
12. Dans plin, 1992 : avec Dominique Jouve, chanson à compter adapté à l’instrument.
13. Fisel Iwan, 1992 : avec D. Jouve, dans fisel du répertoire d’Iwan Thomas qu’Auguste interprète dans un style « sauvage », il va jusqu’à contrefaire la signature de son maître !
14. Dans kost ar c’hoad, 1992 : avec Dominique Jouve
 
Lucien Riou
 
Il sonne sa première noce en 1934, à l’âge de 17 ans. Il joue déjà de l’accordéon diatonique. Son frère Henri est son premier compère. En 1946, il participe à un des premiers stages de la Bodadeg ar Sonerion, animé par Polig Monjarret ; c’est l’occasion pour lui d’apprendre à son­ner de la bombarde et de la cornemuse écossaise. C’est cet instrument qu’il utilise le plus sou­vent par la suite. Il est le premier à mener ainsi les noces au biniou bras. Aujourd’hui en retraite, après une carrière de cantonnier et après 50 ans ininterrompus de noces, il ne refuse jamais de sortir l’accordéon, la clarinette ou même la batterie pour aller animer banquet, noce, kermesse ou fest-noz.
 
34. Boked eured, 1985 : avec Arsène Cozlin, la chanson, connue dans toute la haute Cor­nouaille avec des variantes multiples, raconte le déroulement du mariage traditionnel, l’air est parfois interprété par les sonneurs de treujenn-gaol au départ de la maison pour « faire pleurer la mariée », ou en intermède au cours du repas. La liberté de cadence des deux sonneurs est remarquable.
 
Christian Duro
 
C’est grâce à André Mercier, son instituteur à Glomel, qu’il commence la musique : l’instituteur apprend le pipeau à ses élèves, puis laisse des bombardes à la disposition des meilleurs. Christian et son frère apprennent vite la bombarde, et en 1957 ils jouent en public pour un mariage dans la famille. Christian n’a que 10 ans. Ils sont demandés pour les fêtes des quartiers de Glomel, les pardons de Saint-Conogan et Sainte-Christine, de nombreuses noces. Son père, sonneur réputé, lui enseigne le métier. Il redécouvre un jour par hasard la clarinette de son père et prend goût à l’instrument. Jusqu’au milieu des années 1970, il joue régulière­ment dans les noces ; en journée de la bombarde ou de la clarinette, le soir avec l’orchestre de Zon Budès. Aujourd’hui, au sein des Paotred an Dreujenn-Gaol, il sonne de plus belle en de nombreuses occasions.
 
33. Ton eured, 1985 : avec Zon Budès, marche nuptiale sonnée dans tout le Pays fisel.
39. Dans fisel, 1985 : avec Zon Budès
40. Bal fisel, 1985 : avec Zon Budès, air de bal que Christian a entendu de vieux chanteurs et qu’il a transposé sur sa clarinette.
41. Dans ar boked - dans fisel, 1992 : avec Hyacinthe Guégan, air habituel de la « danse du bouquet » ou « gavotte d’honneur », que l’on dansait autrefois en arrivant à la maison pour le repas, et aujourd’hui sur la place du bourg.
42. Mazurka, 1992 : avec Hyacinthe Guégan, un des rares airs de mazurkas interprétés par les sonneurs de treujenn-gaol.
 
Arsène Cozlin
 
Né en 1920 dans la campagne de Rostrenen, il est dans les années 1930, l’élève de Marcel Jégou ; il apprend la musique et l’accordéon chromatique jusqu’au jour où Jean-Louis Boulc’h vient le « débaucher », car il lui manque un compère, pour lui proposer de jouer de la clari­nette. Pendant 8 jours il apprend et fait sa première noce à Plouguernével ! Par la suite, il n’arrête plus : clarinette en journée, accordéon le soir avec Jean-Louis puis Lucien Riou et d’autres. Entre-temps, il passe aussi à la bombarde, mode oblige. Puis dans les années 1960, c’est le retour des festoù-noz avec Tro blavez : ses compères d’alors sont Jean-Louis Boulc’h ou Lucien Riou. Quand son métier d’agriculteur ne lui laisse pas la disponibilité suffisante c’est Christian Duro qui le remplace. Pendant sa retraite, il repart de plus belle et retrouve sur sa treujenn-gaol son taol lanchenn, son fameux coup de langue, qui soulève les danseurs de fisel. Il est décédé en 1988.
 
34. Boked eured, 1985 : avec Lucien Riou, la chanson, connue dans toute la haute Cornouaille avec des variantes multiples, raconte le déroulement du mariage traditionnel, l’air est parfois interprété par les sonneurs de treujenn-gaol au départ de la maison pour « faire pleurer la ma­riée », ou en intermède au cours du repas. La liberté de cadence des deux sonneurs est remar­quable.
35. Dans fisel, 1962 : avec Jean-Louis Boulc’h
36. Bal fisel, 1962 : avec Jean-Louis Boulc’h
37. Dans fanch, 1962 : avec Jean-Louis Boulc’h, suite enregistrée à Plélauff, le second air a une structure typique instrumentale : dans la 2ème phrase, le premier sonneur en dit la moitié, relayé par son compère qui la termine, puis on recommence. La 1ère phrase comporte une deuxième formule qui la remplace parfois et contraste avec elle : sa mélodie se situe dans les notes aiguës, parfois même elle est doublée, puis suivie de la même 2ème phrase qui apporte une conclusion identique.
Félix, Hyacinthe et Job Guégan
 
Félix joue de l’accordéon diatonique : il anime ainsi les festoù-noz pato, soirées terminant les journées d’arrachage de pommes de terre qui sont l’occasion de rassembler la jeunesse de tout le quartier. Il sonne sa première noce à Trémargat en 1943, à 17 ans. Aussitôt après, il se met à la clarinette, ainsi que son frère hyacinthe, et apprend également l’accordéon chromatique. En 1947, il tente sa chance à Paris pour trouver un emploi. De retour au pays, il s’installe dans une petite ferme à Kergrist-Moëlou, puis quelques années plus tard il prend un commerce à Ros­trenen : cette nouvelle vie lui laisse une grande disponibilité pour exercer la musique. Il est longtemps le compère d’Iwan dans les années 1960, et fait également coterie avec son frère Hyacinthe, ses deux plus jeunes frères, Job et Guy, et d’autres. Aujourd’hui il joue avec l’orchestre « Jo Féro », qui participe avec succès au renouveau du « bal à papa ».
 
2. Ton ar c’hezek, 1959 : airs des chevaux avec Félix Guégan et Iwan Thomas
3. Dans fanch Guilherm Domaz, 1959 : dans plin avec Félix Guégan et Iwan Thomas
5. Ton evid mond d’ar bourk, 1959 : avec Félix Guégan et Iwan Thomas.
15. Dans plin, 1985 : orchestre « Jo Féro » avec Job (accordéon chromatique) , Félix Guégan (batterie), Robert Buhan (saxophone).
41. Dans ar boked - dans fisel, 1992 : avec Christian Duro et Hyacinthe Guégan, air habituel de la « danse du bouquet » ou « gavotte d’honneur ».
42. Mazurka, 1992 : avec Christian Duro et Hyacinthe Guégan, un des rares airs de mazurkas interprétés par les sonneurs de treujenn-gaol.
Alexandre Lucas
 
Fils du sabotier de Saint-Gilles-Pligeaux, il est baigné de musique dès son enfance. Sa mère, excellente chanteuse, connaît de nombreuses gwerzioù et, lors de ses fréquentes visites à ses grands-parents à Plounevez-Quintin, il se lie d’amitié avec un voisin, sonneur réputé, qui joue pour son plaisir de la treujenn-gaol. Il n’a que 14 ans quand il anime sa première noce en 1919. Son talent est vite reconnu et il parcourt le pays, sa clarinette et son accordéon diatonique sous le bras. Ses trois frères, Paul, Hubert et Charles, le rejoignent et ils forment un « Jazz band ». Ils animent bals et fêtes et jouent dans le café familial le dimanche après-midi. Il part travailler à Paris où il ne manque pas une occasion de se retrouver entre bretons pour sonner de la treujenn-gaol. Revenu à Saint-Gilles en 1965, il s’installe avec sa femme au café Lucas et se remet à animer des noces. Il meurt le 1 décembre 1984.
 
6. Ton eured « ouik ouik ouan », 1977 : marche nuptiale
7. Ton Pier an Dall, 1977 : dans tro
23. Marche du vieux-Bourg, 1977 : il a conduit des noces chez lui en « Pays breton » et dans le Pays gallo voisin, il adaptait alors son répertoire à la région.
 
Albert Berthelot et Eugène Gicquel
 
Ils sont tous les deux de Plessala. Ce bourg du Mené est un véritable foyer de musiciens tradi­tionnels, qui a compté entre les deux guerres jusqu’à 13 sonneurs de clarinette, sans oublier la famille Le Feuvre, sonneurs de biniou et de bombarde et aussi les violoneux et les vielleux, nombreux aux alentours. Eugène apprend le tron’d’chou avec Gabriel Perrin, avec qui il mè­nera beaucoup de noces, accompagné au tambour par Baptiste Colin. Dans les années 1920, les couples de sonneurs ne sont pas fixes : Albert joue aussi bien avec Liaubé, Pécheur ou Gaudin, selon les occasions, nombreuses. Outre les noces ils jouent pour les fêtes locales (Saint-Pierre de Plémet), les foires (Foire Blanche de Plessala), mais aussi lors de la Passion. Il faut attendre le début des années 1970 et la visite de deux collecteurs, Marc Le bris et Alain Le Noac’h, pour qu’Eugène et Albert se remettent à sonner régulièrement. Ils vont animer de nombreuses veillées et participent à des « fêtes à l’ancienne ».
 
25. Rondes de Plessala, 1978 : enregistrement tiré d’un film super 8 réalisé par Alain Le Noac’h, lors de la « fête à l’ancienne » organisée aux Forges de Vaublanc, en Plémet. Ce sont les seuls sonneurs qui ont pu être enregistrés quand ils menaient des danses, d’où l’intérêt de ce témoignage, malgré sa piètre qualité technique. Le style de jeu et les sonorités de ces son­neurs sont proches de ceux des musiciens du Pays de dans-tro plin.
26. Baleu, 1978 : dans le Mené, c’est l’équivalent du bal plin en Pays fanch, il était intégré dans une suite rond-baleu-rond.
 
François Bidard / Yves Labbé
 
27. Passsepied à José Reux, 1985 : avec Yves à la vielle, dans la région de Ploeuc, on trouvait encore, dans les années 1920 de couples de sonneurs vielle-bombarde ou vielle-clarinette. Ce passepied figurait au répertoire de José Reux, vielleux de Saint-Carreuc, qui a joué jusque dans les années 1950, il avait l’habitude de sonner en couple avec François Mauvillo, sonneur de bombarde et de clarinette de Hénon.
Pierre Crépillon / Erik Marchand
 
20. Gavotenn Jean-Louis Joncourt, 1993
21. Tamm kreiz, 1993 : suite d’airs de danses de la Montagne recueillie en 1968 par Daniel L’hermine auprès de Jean-Louis Joncourt, sonneur de treujenn-gaol de Carnoët, issu d’une famille de clarinettistes.
22. Gavotenn ar Menez, 1993 : Erik et Pierre se sont tous les deux mis à sonner de la clarinette dans les années 1970.
Yves Ermel
 
9. Ton If-Maï Jouan, 1992 : avec Denis Jouan, suite de dans plin et d’une dans fanch
10. Polka plin, 1992 : avec Denis Jouan
 
Pierre Flohic
 
38. Ar soubenn laezh, 1985 : la soupe au lait sonnée au saxophone, c’est un clarinettiste de Mellionec, il a eu l’occasion de la sonner au cours de noces et de l’entendre chanter à la fin du repas du soir.
 
Dominique Jouve
 
8. Bonom kozh, 1985 : avec Denis Jouan
12. Dans plin, 1992 : avec Auguste Quémener
13. Fisel Iwan, 1992 : avec Auguste Quémener
14. Dans kost ar c’hoad, 1992 : avec Auguste Quémener
24. Ronds d’Allineuc, 1985 : avec Gaël Rolland
Jean-Claude Le Lay / Goulc’hen Malrieu
 
16. Ton eured Baptist an Deunv, 1992 : marche de Baptiste Le Doeuff, Jean-Claude a appris cet air de Baptiste, sonneur de clarinette de Callac, qui joua de 1920 à 1928 (82 noces par an), lui-même tenait cet air de son père Jean-Marie, sonneur réputé. Jean-Claude découvre la clari­nette en entendant Iwan Thomas, dès lors en véritable précurseur il commence à recenser les sonneurs de treujenn-gaol, en rencontre une dizaine, recueille leur répertoire et se met à leur école pour apprendre la technique de jeu.
17. Gavotenn Bolazec, 1992 : gavotte apprise de Jean Thomas de Bolazec.
18. Tamm kreiz
19. Gavotenn Baptist, 1992 : 2 danses que sonnait Jean-Baptiste Le Doeuff de Callac.
 
Gaël Rolland
 
24. Ronds d’Allineuc, 1985 : avec Dominique Jouve, Gaël a appris le premier air de Henri Gautier, joueur d’accordéon et les 2 autres auprès de Gilles Le Goff, sonneur de clarinette, tous deux d’Allineuc.
Bernard Subert
 
28. Marche du Pays de Fougères, 1985 : avec Dominique Jouve au violon, Erik Marchand au chant et Bernard Subert à la clarinette et au chant. La tradition en duo violon-clarinette a été florissante dans l’est de l’Ille-et-Vilaine jusque dans les années 1920. La première marche a été recueillie auprès de Jean Manceau, accordéoniste de La-Chapelle-Saint-Aubert, la seconde est bien connue à Saint-Ouen-des-Alleux.
 
Olivier Urvoy / Goulc’hen Malrieu / Charles Lucas
 
30. Dans plean, 1992 : avec Charles Lucas au tambour
31. Bal, 1992 : avec Charles Lucas au tambour
32. Passepied, 1993 : La suite de dans Treger, danses trégorroises par excellence, est compo­sée de trois parties, la dans plean, le bal ou contredanse, et le passepied. La dans plean, spécifi­que au Trégor, est dansée par un front d’hommes et un front de femmes se faisant face. Le 1er et le 3e airs ont été notés par Jean-Michel Guilcher auprès de J. Lanneau, de Plouégat-Guérand, en 1955 et J. Geoffroy, de Locquénolé, en 1949. Le second provient du livre de M. Duhamel Musique bretonne (1913).
 
Yves Leblanc / Pierrick Cordonnier
 
29. Avant-Deux de Dourdain, 1985 : avec Pierrick à l’accordéon, air recueilli auprès de joueurs d’accordéon par la Bouèze.
 
 

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