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20ème  Rencontres Internationales de la Clarinette Populaire du 1 au 4  mai 2008 

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Pier an Dall (1832-1908)
Pierre l'aveugle, à l'état civil Pierre-Marie Sérandour , est le plus ancien des sonneurs de Treujenn gaol recensés.
Il habitait, au Haut-Corlay, une petite maison nommée Kermusique. Pier an Dall effectue un voyage à Paris dans les années 1852-55, la tradition orale va beaucoup broder sur cet événement. On dit aussi qu'il aurait joué devant Napoléon III, lors du voyage de ce dernier en Bretagne en 1958.
Il est bien difficile aujourd'hui de séparer la légende de la vérité, en ce qui concerne la vie du plus célèbre des sonneurs de clarinette. On dit qu'il a animé des milliers de noces et fêtes et il était connu de Pontivy à Tréguier et de Carhaix à Saint-Brieuc.
La vie de Pier an Dall est à mettre en parallèle avec celle d'un autre grand sonneur breton, Matilin an Dall, célèbre sonneur de bombarde de Quimperlé.
 
 Un sonneur prestigieux semble avoir suscité un important engouement en faveur de la clarinette dans les Côtes‑d'Armor pendant la seconde moitié du XIXe siècle : il s'appelle Pierre Sérandour, du Haut‑Corlay, surnommé Pier an Dall (Pierre l'aveugle), ou Dall Korle (l'aveugle de Corlay). C'est un des rares joueurs de clarinette à n'avoir vécu que de son art. A l'égal d'autres virtuoses, comme son contemporain Matilin an Dall l'illustre sonneur de bombarde, il a marqué la mémoire populaire. Des anecdotes courent encore, en cette fin de xxe siècle, à son sujet. Une femme d'une soixantaine d'années rencontrée vers 1980, a même affirmé l'avoir entendu dans son enfance ... il est pourtant mort en 1908 !
 
Un article publié en mai 1930 dans Breiz (journal en breton) par B. Loyer, recteur de Grâces‑Guingamp, constitue la principale source de renseignements sur sa vie. L'auteur a eu la chance de lier connaissance, dans sa paroisse, avec Joseph Le Goff, un joueur de clarinette qui dans sa jeunesse avait été le guide et le compère de Pier an Dall.
Né en 1832 au Lannier, en Haut‑Corlay, Pier an Dall, de son vrai nom PierreMarie Sérandour, est issu d'une famille très pauvre. Son père est originaire du Haut‑Corlay, sa mère de Saint‑Nicolas‑du‑Pélem : tous deux parlent breton. Ses parents étaient de pauvres paysans et Pier aurait sans doute suivi leurs traces si une maladie ne l'avait rendu aveugle à l'âge de trois ans. Comme bien d'autres aveugles, il trouve dans la musique à la fois une consolation et un moyen de subsistance. Selon Joseph Le Goff: "On le voyait tous les jeudis au marché de Corlay, sur le bord de l'étang. Il recevait un bon accueil de la part des marchands et des passants... et ramenait son aumône à ses parents. Le métier lui plaisait, Quand il partait sur les routes, son seul repas était un bout de pain de seigle avec du beurre et du kig sali (lard)." Le jeune Pier jouait alors du pif, une sorte de pipeau en fer blanc à six trous, sur lequel les sonneurs de clarinette (comme les sonneurs de biniou ou de bombarde) font leurs premières gammes.
 
Vers l'âge de quinze ans, il achète une clarinette à six clefs et commence à gagner sa vie en animant les noces, les pardons et les fêtes. Son succès grandit si vite que son nom est connu à plus de dix lieues à la ronde. "quand on vint le chercher pour sonner la première fois dans une noce, il n'était qu'un adolescent; la musique de sa bombarde fit trembler l'air et la maison et les danseurs se mirent à tourner jusqu'à ce qu'ils n'en puissent plus."
Au début du Second Empire, vers 1852‑1855, Pier part pour la capitale. Les raisons données pour expliquer ce voyage divergent. Selon un ancien du pays : "C'est pour participer à un concours de musique que Pier an Dail se rend à Paris. Il y a gagné le premier prix, et a même eu l'honneur d'être félicité par l'empereur Napoléon iii en personne." La version de Joseph Le Goff, moins enjolivée, est peut‑être plus proche de la réalité c'est tout au contraire pour apprendre la musique que Pier an Dall va à Paris Hélas, dans la capitale, ses airs Il n envoûtent pas les jeunes filles comme en Cornouaille", et le sonneur a du mal à vivre, jusqu'au jour où il y fait une heureuse rencontre : "Un jour, dans une cour, l'aveugle sonnait doucement dans son instrument quand vint à passer un maître de musique. C'était un officier qui dirigeait une musique militaire. Il entra dans la cour pour voir qui jouait si gaiement, et s'émerveilla en trouvant devant lui un jeune aveugle. Il resta un moment écouter la musique, et lorsque la bombarde se tut, il lui dit: «Mon garçon, vous jouez bien. Vous seriez un bon sonneur si on vous enseignait. Je suis musicien comme vous. Je joue tous les jours du même instrument. Venez chez moi si vous le voulez, tous les soirs après souper. Je serai heureux de vous aider Il vous faudra, bien sûr, échanger votre bombarde contre une nouvelle, car celle‑ci ne vaut pas grand chose. J'irai avec vous en acheter une chez un bon marchand, M. Buffet‑Crampon, au Passage du Grand‑Cerf, c'est lui qui vend les meilleurs instruments.»
 
"L'aveugle n'hésita pas. On le conduisit sur le champ acheter une nouvelle bombarde et le soir même, il prit sa première leçon avec son professeur et bienfaiteur. Au bout de quinze jours, l'aveugle jouait plus agréablement. On lui avait appris de nouveaux airs, Le son de la bombarde n'était plus aussi perçant, aussi rude à l'oreille, et les concierges ne fermaient plus leur porte lorsqu'ils voyaient l'aveugle breton. Pierre Sérandour se montrait aimable pour tout le monde. La pitié et la musique aidant, l'aumône tombait plus souvent dans sa bourse. La tristesse disparut. Il était à l'école depuis quatre mois : les gammes, les clefs, les airs nouveaux de Paris et de Bretagne passaient sans faute dans l'instrument. Sitôt qu'il avait entendu les notes, il déchiffrait bien des danses, des chansons, des airs difficiles et beaux..."
Dans son article, l'abbé Loyer ne parle pas de "clarinette" mais de "bombarde". Pourtant aucun doute n'est possible, Pier an Da//jouait bien de la clarinette, dont Buffet‑Crampon est un célèbre fabricant parisien. Pourquoi cette erreur ? Pour qui s'intéresse à la Bretagne dans les années 1930, le mot "bombarde" paraissait sans doute plus vraisemblable, car plus "typique" de la tradition bretonne alors connue.
Dès son retour, Pier an Dall bénéficie sans aucun doute du prestige d'avoir sonné dans la capitale. Il a appris les derniers airs à la mode et possède désormais un instrument neuf et une technique de jeu bien élaborée. Sa réputation, déjà bien assise avant son départ, s'amplifie rapidement : "C'était un événement de J'entendre. Sa façon, son nom, sa connaissance, lui donnent du travail tout de suite. Il n'y a pas de fête ni de grande noce sans Dall Korle, on re
tarde les noces, plutôt que de manquer le sonneur. .. Il est connu de Pontivy à Tréguier et de Carhaix à Saint‑Brieuc."
En 1858, l'empereur Napoléon iii vient visiter de nombreuses villes bretonnes et le sonneur décide d'aller le voir à Pontivy. Devant l'empereur, Pier an Dall joue son plus bel air, En partant pour la Syrie, un air militaire qu'il a sans doute appris à Paris. Quelques temps plus tard, Pier an Dall décide d'ouvrir un café au Haut‑Corlay sur la route
Guingamp‑Corlay. Il le nomme Kermusique et l'inaugure le jour de la course de chevaux annuelle de Corlay, qui se déroulait tout près de là, dans les landes de Kergolio. La femme de Pier an Dall, Marie‑Louise Burlot ‑ leur mariage remonte à 1857 ‑ ne savait plus où donner de la tête : "Il n'y avait plus de place dans le café. On dansait partout sur la route, et quand fut arrivée l'heure d'ouvrir la grande fête sur la place de la ville, toutes les barriques et les bouteilles étaient vides à Kermusique. La jeune femme ne fit jamais une si bonne recette que ce jour dans le pays cela lui vaut par la suite lie surnom de «Markiz de Kermusique». Souvent un lui écrivait des lettres et la mention «Marquis de Kermusique» suffisait pour qu'elles atteignent leur destinataire !"
 
Comme le veut l'usage dans une grande partie de la haute Cornouaille, Pier an Dall a dû souvent sonner en duo avec un compère qui lui servait également de guide. Peut‑être lui arrivait‑il également de sonner seul, et de revenir à Kermusique par ses propres moyens; la chose n . est pas impossible. On raconte aujourd'hui encore à Callac que Jan Maï an Dall, un autre sonneur de treujenn‑gaol du début du siècle, aveugle lui aussi, avait l'habitude de se faire conduire à pied là où il devait jouer pour pouvoir rentrer ensuite seul, quelle que soit la distance : il ne se perdait jamais !
C'est en 1870 que Pier, jouant à la foire de mai de Gouarec, rencontre Joseph Le Goff, un jeune sonneur de Plouguernével: "Job ar Gow était en train de garder ses bêtes comme d'habitude. Des bandes de jeunes gens descendaient en ville et, sur la place, des Cornouaillais se précipitaient autour de Pier an Dall. Job, entendant le son de la clarinette, ne peut s'empêcher de suivre la jeunesse de la ville: il oublie vaches, chevaux et moutons, et les rejoint, habillé de ses vêtements de tous les jours. Il traverse la foule des danseurs pour arriver jusqu'au sonneur. Il est étonné de voir un homme aux yeux sombres, vêtu comme un paysan, qui joue de manière si douce: tout de suite, il se prend d'amitié pour l'aveugle." Il lui demande alors s'il n'a pas besoin de quelqu'un pour le conduire sur les routes et lui dit qu'il sait également jouer de la clarinette. Pier accepte volontiers la proposition du jeune vacher : il n'est pas facile de se déplacer quand on est aveugle ! Job ar Gow devient pendant sept ans son guide et son compère pour sonner dans toutes les occasions. Mais il ne commencera son nouveau travail que quelque temps plus tard : pendant la guerre de 1870, on ne sonne pas.
Combien Pier an Dall a‑t‑il animé de noces et de fêtes ? Des milliers, à coup sûr ! Il va aussi aux grandes foires annuelles. Au milieu du XIXe siècle, on n'en compte pas moins de treize à Quintin, deux à Plésidy et à Saint‑Gilles‑Pligeaux, une au Vieux‑Marché, etc. Pier an Dall apprécie particulièrement la Sainte Barbe de Callac. La fête, qui dure une semaine entière, le paie bien et le travail est peu pénible : le jeudi, jour des prêtres, il n'y a pas de musique, mais le sonneur reçoit quand même son salaire. Aujourd'hui, près de 90 ans après sa mort, le souvenir de son passage est encore vif auprès des anciens de Callac. Il faut dire qu'il n'hésite pas, quand cela le mérite, à se donner de la peine : pour aller sonner au mardi Gras de Guingamp, il se met en route le lundi à minuit, pour être à pied d'oeuvre dès six heures du matin !
L'hiver, quand les occasions de jeu sont moins nombreuses, il organise des danses à Kermusique après les vêpres du dimanche. Renommées à plusieurs lieues à la ronde, elles sont fortement décriées par Monsieur le Recteur ! En effet, comme bien d'autres sonneurs, ses relations avec le clergé sont parfois difficiles. Joseph Le Goff raconte que, un dimanche, le recteur de Plounévez
Quintin s'est mis en colère et a envoyé en enfer tous les sonneurs et leurs instruments, qui étaient les valets du diable. Mais cette grande envolée n'a pas eu l'effet escompté : on a continué à danser les dans dro car "la jeunesse de Corlay a le pied léger". Vers 1870, Pier an Dall participera à un charivari, à l'occasion du mariage d'un veuf et d'une jeune fille. Il aimait bien raconter cette histoire et Joseph Le Goff l'a souvent entendue : "Des groupes venaient de chaque village de la paroisse et des paroisses voisines, avec de grands couvercles, faits de poix et de résine, des trompes et des trompettes. Sur le dos d'une jument, on avait monté une chèvre habillée en blanc. Des coups de pistolet brillaient et craquaient dans l'obscurité. Une foule suivait les gens déguisés, les yeux bandés, et une chanson, la chanson du charivari, retentissait tout au long de la route."
 
Pierre Sérandour a eu trois filles; l'une d'elles, Marie‑Louise, se marie en 1881 avec Jérôme Thépot de Plouguernével qui, sur les actes d'état civil, déclare lui aussi exercer la profession de musicien. lis tiendront un café à Corlay. En 1903, les familles Sérandour et Thépot quittent leur région pour s'établir à Nantes. Le plus célèbre de tous les joueurs de treujenn‑gaol finira ses jours anonymement à l'hospice Sainte‑Anne de Nantes où l'Ankou passe le prendre en 1908, à l'âge de 76 ans.
 
La mention de Dall Korle dans un poème du recueil publié par François Jaffrenou (dit Taldir), An Delen Dir, en 1900, resta longtemps la seule référence connue du sonneur.
 
 
Sources :
- Collectif, "Musique Bretonne, Histoire des sonneurs de tradition " ed. Le Chasse-Marée/Armen, Douarnenez 1996
- Panorama de la Musique bretonne (musiques-bretagne.com)
- Armen N°2 – Article Pierre Sérandour, l’aveugle de Corlay. (armen.net)
Mode de jeu
Les sonneurs de treujenn-gaol jouent le plus souvent en couple, selon des règles analogues à celles des chanteurs de kan ha diskan (Chant et déchant) de Haute-Cornouaille.
 
Mais les sonneurs de clarinette assouplissent beaucoup ce schéma ; le deuxième sonneur double souvent le premier assez tôt, reprend avec lui une phrase entière, apporte une ornementation...
 
Parfois, au contraire, certaines phrases sont coupées en deux parties, reprises par chaque sonneur. Chez les joueurs du Pays gallo (Mené), ces règles sont encore plus libres.
 
Il n'y a pas pour les sonneurs de règles strictes et l'interprétation reste très personnelle. Les transformations vont de la simple nuance due au style propre à chaque sonneur, à la variante établie par l'usage.
 
Seule ou en couple, accompagnée parfois d'un tambour, la clarinette sera de toutes les fêtes à partir de 1870.
 
La treujenn-gaol a également réussi à s'allier aux instruments déjà en usage dans le Trégor et le Centre-Bretagne, provoquant des formations originales : clarinette-biniou-tambour, clarinette-vielle, accordéon-clarinette...
 
De même, à l'est de l'Ille-et-Vilaine, jusqu'aux années 1910-1920, on trouve des duos tron' d'chou (clarinette)-violon, tron d'chou-accordéon, voire, aux alentours de la Guerche, des duos de clarinette.
 
En Haute-Bretagne toujours, entre les deux guerres se forment de petits orchestres comprenant, outre le violon et la clarinette, une « bouèze » (accordéon diatonique) et un « jâze ». Ils vont animer les bals de noce jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
 
Style de jeu
En Haute-Cornouaille et dans le Pays gallo voisin (de Corlay à Collinée), les sonneurs traditionnels en activité ont conservé des styles de jeu anciens et originaux, les ont transmis et les musiciens actuels les perpétuent. Par contre, en Pays de Fougères et de Vitré, ainsi qu'en Trégor, le style a dû être réinventé à partir de documents écrits, ou de celui des autres instruments pratiqués.
 
Les mélodies sont presque toujours diatoniques et les altérations ne sont que rarement employées.
 
Les gammes utilisées
Sur une clarinette treize clefs, les clefs utilisées sont celles donnant la sensible et la tonique, c'est-à-dire le si et le do (notes réelles : la et si bémol) et la clef de douzième.
 
Tous les sonneurs de tradition rencontrés jouent à l'aigu, la clef de douzième continuellement ouverte. Pour quelques rares airs, la première note se fait avec la clef de douzième fermée, le reste de la phrase est joué clef ouverte
 
Les sonneurs utilisent un doigté progressif (comme sur le pipeau), où l'on enlève les doigts un à un du plus bas au plus haut.
 
Sans aménagement, ce doigté donnerait un premier tétracorde : si bémol-do-ré-mi bécarre. En coinçant les deux anneaux et la clef du corps du bas (lorsque ces anneaux et clefs n'existent pas, la tierce est neutre « d'usine »), on obtient un mi intermédiaire entre le mi bécarre et le mi bémol. De même, le la et le si bémol aigus sont joués plus graves qu'au sein du système tempéré égal.
 
Cette échelle permet de jouer dans deux gammes :
- avec une tonique en si bémol, on obtient une gamme proche de celle du do majeur, mais avec une quarte haute (« demi-augmentée ») ;
- en utilisant le do comme tonique, on obtient une tierce, une sixte et une septième aiguës dites « neutres » ou « médianes » (mi demi-bémol = degré abaissé d'un quart de ton, la demi-bémol, si demi-bémol).
 
Effet d'un bienveillant hasard ou système modal spécifique, ces gammes sont très proches de celles utilisées par les chanteurs de la même région.
 
Ces gammes sont, avec le timbre spécifique de la treujenn-gaol, la marque de la musique des sonneurs du Centre-Bretagne, qui déclarent facilement qu'il leur est impossible de s'accorder avec la clarinette « jazz » moderne dont ils trouvent la gamme trop fade. En effet, la clarinette à 24 clefs ne donne pas la même gamme avec le doigté progressif.
 
Le rythme
Il est difficile de définir que les sonneurs se conforment à une rythmique binaire ou ternaire (de type 2/4 ou 12/8). Bien souvent, ils passent de l'un à l'autre au cours du même morceau.
 
Les ornementations
Elles font partie du style de chaque sonneur et il est bien rare que celui-ci sache expliquer sa technique personnelle. C'est l'oreille qui guide et l'inconscient qui transmet aux doigts et à la langue les mouvements voulus. Chaque sonneur trouve un équilibre dans son jeu : ce n'est pas la quantité des ornementations, mais leur à-propos qui fait la richesse et donne de l'efficacité pour faire danser.
 
On distingue des notes doublées, d'autres triplées appelées « triolets ». On exécute un « doublé » avec 2 coups de langue très rapprochés ou un coup de langue suivi d'un sauté de doigt. Pour faire le triplé, ce sont 3 coups de langue ou 2 séparés par un sauté de doigt…
 
On utilise aussi la note longue que l'on agrémente en la faisant monter à la note supérieure puis redescendre, de manière très coulée. 
 
Le Répertoire
L'expérience a amené les sonneurs à privilégier un certain nombre d'airs qui « vont bien » à la clarinette et qui, avec le temps, constituent un répertoire spécifique.
 
Il se compose principalement d'airs adaptés à chaque circonstance de la noce : airs pour quitter la maison des parents, airs de marche, annonce du repas, gavotte d'honneur, air des chevaux, soupe au lait…
 
On distingue 3 types d'airs : les marches, les mélodies et les danses :
 
Les marches étaient destinées à accompagner les déplacements des cortèges de noces à pied (de la noce au bourg ou pour mener le cortège à l'église, à la mairie…). D'un tempo très libre, elles laissent aux sonneurs une grande liberté d'expression. Le répertoire est important.
 
Les mélodies ou airs lents sont la plupart du temps des chansons liées au déroulement de la noce que les sonneurs reprennent et adaptent.
 
Les danses sont le répertoire le plus riche et le plus divers. On distingue :
- la gavotte répandue dans toute la Haute-Cornouaille : gavotte montagne, dañs fisel, kost er hoët ;
- la dañs plin en Pays Fañch et sud Trégor ;
- la dañs Treger et la dérobée à l'ouest et au sud du Trégor ;
- le rond, de Collinée à Corlay, connu sous le nom de rond de Loudéac ;
- l'avant-deux, le quadrille… dans une partie de la Haute-Bretagne.
 
Les clarinettistes complétaient souvent la suite de ces danses par des danses en couple (polka, parfois mazurka, scottisch…) qui, généralement, ont eu le temps de fixer la couleur locale.
 
Dans les années 1920, les couples vielle-bombarde ou vielle-clarinette du sud Trégor jouaient aussi les passepieds et les quadrilles.
 
Une partie du répertoire à danser a pour origine des airs chantés mais de nombreux airs sont spécifiques à l'instrument et semblent n'avoir jamais été chantés
 
Sources : librement inspiré du site musiques-bretagne.com
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