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20ème  Rencontres Internationales de la Clarinette Populaire du 1 au 4  mai 2008 

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Titre initial : François Goubain ou 60 ans de clarinette
Musique bretonne
n°50 - 15 novembre 1984
 
François Goubain a maintenant 80 ans. Il vit une paisible retraite à Corlay. Il est un ancien sonneur de clarinette. Pendant un demi-siècle il a été l’animateur réputé des noces et des bals de la région.
 
Il commença par jouer de la bombarde. Il acheta son premier instrument à Saint-Gilles Vieux Marché à un nommé Taldir. Celui-ci était charron et, selon François Goubain, il tournait lui-même ses bombardes. Ses anches, le jeune musicien les fabriquait lui-même avec du houx. Ses premiers airs, il les apprend des « Jouan » qui sont alors les deux sonneurs de clarinettes « vedettes » du pays.
En 1921, François Goubain se met à la clarinette. Son premier instrument est en buis (13 clefs et demi-boules). La clarinette était, à cette époque, le seul instrument utilisé pour animer les noces du pays. Pour les plus grands mariages, il y avait 2 clarinettes et un tambour mais cela dépendait de la richesse de la famille et de l’importance du mariage.
Dans les années 1921-1925, il devint peu à peu un musicien connu. C’est lui que l’on demandait pour animer les noces. Ses compères sont alors Alexis Jouan et Michard Merrien de Plussulien, tous deux sonneurs réputés.
Au début, il prenait 50 F pour un mariage, du matin au soir. Après la guerre, le prix passera à 100 F et à la fin de sa carrière, il demandait 600 F et plus.
Avec les années 30 arrive un nouveau répertoire : valse, tango et, venu d’Amérique, le jazz-band.
 
François Goubain achète d’abord un accordéon diatonique puis se met très vite au chromatique. Il fonde le premier jazz-band corlaysien (unic - jazz - le jazz des as - l’as des jazz), il va comprendre jusqu’à 6 musiciens.
Mais la clarinette reste à l’honneur dans les noces pour les airs de cortèges et pour les vieilles danses : rondes, polkas, scottischs, mazurkas. François Goubain se déplaçait dans un rayon de 40 km, toujours à bicyclette, la grosse caisse sur le dos, l’accordéon sur le porte-bagage et la clarinette dans la poche.
En 1936, il commence à noter systématiquement toutes les nocs et bals qu’il anime. Ainsi, en 1938, on peut dénombrer 39 noces et 49 bals. Cela ne l’empêche bien évidemment pas de continuer son travail de maçon. Il était tellement demandé, qu’un jour, il reçut la visite de 3 futurs mariés en même temps. Ils étaient, tous les 3, venus le demander pour le même jour. Comme tous voulaient  l’avoir, ils décidèrent de changer les dates de leurs mariages.
 
François Goubain, passionné de musique, se mit à apprendre le solfège le soir après son travail. En 1947, avec le maire de Corlay, il fonde la première fanfare de la ville. Il y formera les jeunes musiciens à la clarinette et au saxophone. Si le jazz-band arrête sa carrière en 1960, il continuera à jouer avec la fanfare jusqu’en 1982.
 
Christian Morvan
 
 

article issu de la revue Musique bretonne n°14 - mars-avril 1981

Description

La clarinette est un instrument à vent. En ébène ou en buis. Le son est produit au moyen d’une anche simple en roseau vibrant sur un bec, généralement en ébonite. Le nombre actuel de clef est de 24. C’est un instrument quintoyant. C’est l’instrument à anche qui possède la plus grande étendue.

Historique

 La clarinette fut inventée par Jean-Christophe Denner à Nuremberg vers 1690 par amélioration de l’ancien chalumeau à 8 trous.

Elle ne possédait alors qu’une clef et sa sonorité rappelait celle de la trompette aigue d’alors le clarino.

Au début ce fut le plus imparfait des instruments. Elle présentait un certain nombre de défectuosités :

 - le son changeait de timbre et de qualité à chaque octave ;

 - certains tons étaient absolument faux ;

 - la position maladroite des trous rendaient certains traits impraticables.

 On imagina de faire autant de clarinettes que la gamme comporte de tonalités. Certains essayèrent de l’améliorer. Le nombre de clefs s’éleva jusqu’à 5 et elle resta longtemps dans cet état.

Ivan Muller apporta de grands perfectionnements et fit connaître sa clarinette à 13 clefs. En 1747 elle fait son apparition dans les orchestres de France. Le mécanisme des clefs présentait encore des difficultés qui ne laissaient point la liberté de jouer dans tous les tons indifféremment. On utilisait encore plusieurs clarinettes : sib - la - do.

Klosé appliqua à la clarinette à 13 clefs le système des anneaux réunis par une tige mobile introduite par Boehm pour la flute. A partir de ce moment la clarinette en sib prit le pas sur les autres.

 Un dernier perfectionnement apporté fut l’adjonction d’un barillet qui permet d’accorder l’instrument.

 La clarinette en Bretagne

On la trouve dans le pays de Vitré et de Dol ainsi que dans le Penthièvre (Saint Brieuc). C’est en général une clarinette en sib avec ou sans barillet. Cet instrument est bien implanté dans les pays de l’Oust et du Lié. Là c’est plutôt une clarinette alto en mib à 13 clés.

Les airs sont joués sans aucune fioriture. Leur registre tient en quelques notes d’une même octave.

 En pays bretonnant elle est présente en pays Fanch, au Trégor, sur une partie du territoire de la gavotte et dans le Léon (vers 1830 la clarinette supplante à Morlaix l’ensemble biniou-bombarde-vielle).

 

 

Elle se propage d’est en ouest à partir du pays de Loudéac et du nord au sud à partir du Trégor. L’instrument est appelé par endroit treujenn-gaol. Il est en buis ou en ébène et est connu partout au nord de la route Carhaix-Mur et même dans plusieurs communes du Finistère (Scrignac - Poullaouen - région de Houelgoat). Les sonneurs de clarinette jouaient souvent par paires en imitant le kan ha diskan. Cet instrument propre au pays bretonnant a rarement plus de 5 clés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La clarinette est d’autant plus archaïque qu’on va vers l’ouest. L’évolution se serait donc faite d’est en ouest. On peut dire aussi que là où la clarinette s’est implantée, les instrumentistes ont copiés les techniques d’accompagnement qui existaient sous d’autres formes (ex. kan ha diskan).

La clarinette

On l’appelle aussi le treujenn gaol (tronc de chou). Au début du siècle, elle trouve un terrain de prédilection dans le Centre-Bretagne (sud du Trégor, Haute-Cornouaille, pays de Loudéac et Mené occidental).

 

 

 

 

 

 

La clarinette, instrument inventé au début du XVIIIe siècle, connaîtra un essor rapide au sein des orchestres classiques, mais elle ne sera guère utilisée en basse Bretagne avant 1830. Il faut probablement voir dans la création des fanfares paramilitaires une des raisons de son succès en milieu rural. Nous ne savons rien de l’utilisation de la clarinette dans les campagnes au cours des  deux premiers tiers du XIXe siècle. Sa présence au sein d’orchestres présentant une diversité d’instruments paraît plutôt occasionnelle et ne correspond ni à l’idée que l’on se fait d’un ensemble de musique populaire breton au XIXe siècle, ni à nos critères actuels en matière de musique orchestrale. Pour certaines circonstances exceptionnelles, il est probable que de telles formations aient été créées de toutes pièces par des organisateurs soucieux de rehausser le prestige de leur fête en invitant de nombreux musiciens d’origine diverse, mais ces ensembles musicaux n’étaient cependant pas rares, comme en font foi plusieurs autres documents du XIXe siècle. Quant aux milieux paysans peu fortunés, ils n’ont sans doute guère eu l’occasion d’inviter ce type d’orchestre mais toujours est-il qu’ils connaissaient la clarinette et la considéraient dès le milieu de ce siècle comme propre à accompagner la danse.

Les 30 dernières années du XIXe siècle ont constitué ce que l’on pourrait appeler l’âge d’or de la clarinette en Trégor. Plusieurs éléments favorables ont, en effet, contribué au développement de sa pratique :

- Une absence quasi totale de concurrence de la part d’autres instruments en milieu rural.

- Un large rayon d’action des clarinettistes, plus ou moins professionnels, qui couvraient tout l’ouest et le sud trégorrois.

Seule ou en couple, accompagnée parfois d’un tambour, la clarinette sera de toutes les fêtes à partir de 1870. Les documents écrits témoignant de la popularité de la clarinette à cette époque sont assez nombreux et l’un d’entre eux décrit de façon précise le déroulement d’un bal trégorrois à la fin du XIXe siècle. Il s’agit d’un manuscrit inédit sur l’histoire de Plestin écrit par le colonel Joseph Péres vers 1935.

 

 

 

La clarinette est un instrument à anche simple inventé par un luthier allemand à la fin du XVIIème siècle. Elle évoluera par l’adjonction de clefs, jusqu’aux 24 clefs d’aujourd’hui, améliorant sa justesse et son registre. La clarinette trouvera rapidement sa place dans les orchestres symphoniques de la fin du XVIIIème siècle. Mais c’est surtout la place importante qu’elle prend dans les musiques militaires depuis la Révolution qui la popularisera. La clarinette est utilisée par les sonneurs bretons depuis les années 1850, comme dans d’autres régions de France (Landes, Creuse, Bresse…). Le plus ancien sonneur recensé et le plus célèbre est Pier an Dall (Pierre l’Aveugle, 1832-1908) de Corlay. Au début du siècle la clarinette est en usage dans le centre Bretagne de Merdrignac à Carhaix, dans l’ouest du trégor ainsi que dans l’est de l’Ille-et-Vilaine.

 En centre Bretagne les sonneurs utilisent une clarinette à 13 clefs en sib qu’ils adaptent à leur jeu. L’instrument est appelé treujenn gaol –trognon de chou) sonnant seul ou en couple accompagné ou non par un tambour. En Trégor comme dans l’Ille-et-Vilaine la clarinette reste en activité jusque dans les années 1930-40. Le mouvement régionaliste ignore la clarinette, il faut attendre la fin des années 70 pou avoir les premières enquêtes et 1986 pour découvrir les premiers enregistrements discographiques de sonneurs.

Son

 

 

Couple de clarinettes moderne

Clarinette seule

 Trio clarinettes + tambour

 

 

 

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