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Treujenn Gaol

la clarinette martiniquaise

5 Octobre 2005 , Rédigé par Yvonig Publié dans #Clarinettes du Monde

La clarinette, un instrument d'utilisation traditionnelle bien qu'instrument d'importation, s'est imposée en Martinique comme un instrument soliste, mettant donc au devant de la scène de célèbres musiciens .

Particularités de la clarinette martiniquaise.

La particularité de son utilisation en Martinique a été son rôle dans l'orchestre. Le clarinettiste se devait d'introduire les chansons en annonçant les différentes parties qui structuraient la pièce à venir. Cela permettait d'obtenir des oeuvres pouvant atteindre les 3 minutes. Il faut se rappeler qu'à cette époque de notre histoire, les textes étaient très peu développés. Souvent constitués d'un seul couplet et d'un refrain, ils étaient directs et ne comptaient pas pour l'essentiel dans la chanson.

La musique était alors chose vivante, servant à faire danser et à divertir. La clarinette changeait, au début du siècle, la perception de la musique. Cet instrument n'était que naissant et venait s'ajouter aux cuivres jouant en formation (quartet, quintet, fanfares). De par ses sonorités, la clarinette tranchait et nos savoir-faire ne nous permettaient pas encore de l'utiliser en temps qu'instrument d'orchestre.

Sonore, colorée, elle convenait par contre tout à fait à l'utilisation en première voix en remplacement du violon. L'esprit créatif de nos musiciens les amena à transposer sur l'instrument les mélodies qui devaient être par la suite interprétées par les chanteurs. Cela rajoutait à la pièce qui semblait alors moins répétitive tout en restant dansante. Dans de nombreux autres pays, la clarinette faisait partie d'un ensemble, intégrée qu'elle était aux orchestres de formation classique ou utilisée dans des cadres de traditions musicales collectives (Guyane).

Utilisée en concerto avec le trombone, elle donnait facilement la réplique au violon ou à la guitare.

L'expérience parisienne des clarinettistes a permis, en faisant découvrir des utilisations autres que classiques, d'influencer la reconnaissance de la biguine comme musique représentative des Antilles françaises.

Un Franc succès jusqu'à la guerre

Jusqu'à la fin de la deuxième guerre mondiale, la clarinette n'a que peu souffert de la concurrence particulière du saxophone. A partir de 1930, les musiques de jazz de New Orleans conduisirent les clarinettistes à utiliser le saxophone. Le double avantage de cet instrument qui en Amérique du Nord a supplanté dès son arrivée la clarinette, résidait dans les répertoires qu'il permettait d'exploiter et sa structure. Les répertoires étaient ceux du jazz naissant. La facture du saxophone offrait une facilité de transposition jusqu'alors difficile sur la clarinette en raison de la clé d'octave qui modifie pas les doigtés à utiliser. De nombreux clarinettistes ajoutèrent donc à leur tableau d'instrument ce saxophone nouveau, sans toutefois abandonner l'instrument roi de la biguine.

C'est après guerre qu'a réellement commencé la découverte d'instruments solistes nouveaux avec la guitare électrique puis le synthétiseur et enfin l'ordinateur. L'apparition de ces instruments n'est qu'un des éléments ayant contribué à la désaffection des musiciens pour cet instrument. Il convient de tenir compte des développements économiques et technologiques de l'époque tels la création du 45 Tours, la départementalisation, l'ouverture de l'aéroport qui, s'ils n'ont pas un rapport direct avec la musique en tant que telle, interviennent dans la modification des raisonnements et objectifs des martiniquais.

Ajouter à cela le bond en avant des importations de musiques de la Caraïbe, des États Unis d'Amérique et de France permet de mieux comprendre les appauvrissements successifs des orchestrations, le transfert des parties pour instruments solistes vers les voix humaines. La départementalisation, outre son caractère politique a une incidence directe sur les évolutions socioculturelles et socio-éducatives. Ayant accès de façon plus large à l'éducation, la population peut accéder aux structures jusqu'alors réservées à des "élites", apprendre à construire un texte, le développer. Les chansons gagnent en longueur mais la durée des enregistrements est encore limitée à moins de 3 minutes. Les parties d'orchestre sont de fait réduites à de courtes introductions, de brefs rappels, et nécessitent alors moins de musiciens, les instruments solistes doivent, à moins que disparaître, intégrer la partie harmonique ou rythmique de l'orchestre. Les orchestres se voient de plus en plus imposer des réductions du nombre de musiciens à rémunérer, face à une concurrence de plus en plus grande des petites formations équipées d'instruments électriques tels guitares et pianos transportables capables de restituer des sonorités que l'on pouvait alors rapprocher de celles des instruments qui perdaient leur caractère indispensable.

 

Remerciements à Michel Beroard (voir aussi le site du CEDIM)

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LES CLARINETTISTES MARTINIQUAIS

STELIO, Eugène DELOUCHE, Hurrard et Barrel COPPET, Michel GODZOM, Rosier AUDIBERT, Manuel SAINTE- ROSE (à compléter)

Tous les ans : Nuit de la Clarinette au Lamentin (Martinique) au mois de novembre !

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A propos de la Biguine :

Voir aussi

http://svr1.cg971.fr/lameca/dossiers/biguine_paris/biguine09.htm

Au XIXe siècle, les musiciens étaient pour la plupart des esclaves affranchis, et les bals donnaient lieu à de véritables concours d’orchestres et de danses. Les musiciens étaient habitués à imiter leurs maîtres tant dans la danse que dans la musique. Ils interprétaient admirablement les musiques des colons et les reprenaient dans leurs propres fêtes, mais en y ajoutant le chant et le tambour.

Les fêtes que donnaient les esclaves le samedi soir dans les jardins des colons eurent raison de l’aversion qu’imposait l’Eglise pour toute production nègre. Elles ne furent jamais acceptées par le clergé, mais conquirent cependant les couches populaires de la colonie. En apportant le chant et le rythmes du bèlè à la polka, les musiciens noirs en firent un genre nouveau que l’on classa dans les biguines.

 

Ces biguines étaient au nombre de trois : biguine de salon, biguines de bal et biguines de rue. Les biguines de salon étaient interprétées au piano et au violon. Un violoncelle assurait la ligne de basse. Dans les bals, la haute taille à pastourelle évolua peu à peu en biguine, les commandements disparurent. Ce nouveau genre permit d’inclure des chants structurés, avec refrain et couplet, à la manière des chansons françaises. Jouées par un orchestre utilisant la contrebasse à partir de 1860 environ, elle servirent de support à toutes sortes de satyres et de campagnes politiques. Se dansant avec beaucoup d’énergie, elle précédait la mazurka, plus reposante. Un troisième type de biguine existait avant la catastrophe de Saint Pierre (éruption de la Montagne Pelée), né du bèlè, franchement satirique et développé vraisemblablement par les Nègres en période de carnaval. Le chant prédomine dans cette forme, et la voix du soliste se devait d’être forte. Elle fut donnée par l’Eglise pour responsable de l’éruption de la Montagne Pelée en 1902.

 

La biguine est avant tout chanson. Elle servait, tout comme les gran son et mazon-n, à relater des faits, et à la fin du XIXe siècle, servit la cause des hommes politiques.

Après la catastrophe de Saint Pierre, les biguines furent interdites à Fort-de-France, ou plutôt prirent le nom de polka. La classe dominante de la nouvelle capitale de la Martinique était alors composée de mulâtres et de grands blancs. Les noirs, bien que libérés des chaînes de l’esclavage, n’en avait pas pour autant gagné droits et reconnaissance. Excellents musiciens, capables de jouer les musiques de tous les pays, ils ne purent développer leur passion aux Antilles.

 

Aussi, c’est à Paris que Stellio (de son vrai nom Fructueux Alexandre) ou encore Félix Valvert font éclater la biguine et en font la danse représentative des colonies françaises en 1931, lors de l’exposition coloniale. Leur instrumentation est riche, semblable à celle des orchestres de la Nouvelle Orléans : clarinette, trompette, banjo, batterie, piano, violon, saxophone, guitare et contrebasse. Les arrangements comportent tant de syncopes qu’il est impossible de noter fidèlement leur style.

 

La Deuxième Guerre mondiale coûta la vie à de nombreux musiciens antillais. Les musiques américaines envahirent Paris, conquirent du même coup les Antilles. Outre Atlantique, les bee-bop, charleston et autres rythmes endiablés de la culture européenne font le bonheur des petits bourgeois de la Martinique. Les orchestres antillais interprètent avec brio toutes les musiques de la Caraïbe et de l’Europe.

 

Marius Cultier n’a que 16 ans lorsqu’il anime le bal des Paillottes et le piano-bar « L’Impératrice ». Ses compositions sont empreintes de modulation curieuses inspirées de prouesses des plus grands du jazz, alors que Fernand Donatien avec son orchestre « Stardust » propose des biguines façon cubaine. Son répertoire éclectique fait entendre biguines, valses, mazurkas, mais aussi quadrilles, tangos, méringués, paso doble, rumbas. La biguine connaîtra ses heures de gloire jusqu’en 1970, période de bouleversements des médias et de l’invasion des musiques commerciales.

 

Le bèlè (francisé en bel air) est un genre composé de plusieurs musiques : les bèlè de travail (fouyé tè, rédi bwa, teraj kay, coupé kann, mazonn, gran son), les bèlé de divertissement (bèlè, gran bèlè, bélia, danmyé, ladja), les bèlè pour veillées mortuaires (bénézuel, kanigwé, karésé yo, ting bang) et les danses la line klè (mabélo, woulé, mango).

(francisé en bel air) est un genre composé de plusieurs musiques : les bèlè de travail (fouyé tè, rédi bwa, teraj kay, coupé kann, mazonn, gran son), les bèlé de divertissement (bèlè, gran bèlè, bélia, danmyé, ladja), les bèlè pour veillées mortuaires (bénézuel, kanigwé, karésé yo, ting bang) et les danses la line klè (mabélo, woulé, mango).

Le tambour bèlè est originaire du Dahomay (actuellement Bénin).

Son appellation primitive était djouba, nom conservé en Haïti notamment.

En apportant le chant et les rythmes du bèlè à la polka, les musiciens noirs de la Martinique en firent un genre nouveau que l'on classa dans les biguines. (biguines de salon, biguines de bal et biguines de rue).

Faute de reconnaissance et de droits, les (excellents) musiciens noirs antillais ne pouvaient développer leur passion aux Antilles.

Aussi c'est à Paris que STELLIO (de son vrai nom FRUCTUEUX Alexandre), Ernest LEARDEE, Félix VALVERT, Eugène DELOUCHE, Sam CASTANDET, Roger FANFANT font éclater la biguine et en font la danse représentative des colonies françaises en 1931, lors de l'exposition coloniale.

La Biguine connaîtra ses heures de gloire jusqu'en 1970, peridode de bouleversements des médias et de l'invasion des musiques commerciales.

Tous les ans : Nuit de la Clarinette au Lamentin (Martinique) au mois de novembre !

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